Les éleveurs de volailles dénoncent un monopole du secteur et pointent la responsabilité du gouvernement

L’Association nationale des éleveurs de volailles de chair tire la sonnette d’alarme sur la situation qu’elle juge « désastreuse » dans la filière avicole marocaine. Dans un communiqué publié le 16 octobre 2025, elle accuse les « lobbys qui contrôlent le marché » d’entretenir une situation d’anarchie, d’opacité et de monopole, avec la complicité de la Fédération interprofessionnelle du secteur avicole (FISA).

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Selon l’association, la FISA « protège les intérêts des grandes entreprises, sans contrôle ni transparence, au détriment des petits et moyens éleveurs ainsi que du consommateur marocain ». Elle impute la responsabilité de cette dérive au ministère de l’Agriculture et au gouvernement, qu’elle accuse d’ignorer depuis des années les alertes des professionnels, notamment depuis l’échec du premier contrat-programme du Plan Maroc Vert.

Le communiqué précise que, dans des conditions normales, « le coût du poussin ne devrait pas dépasser 0,17 % du coût de production du kilogramme de poulet vivant, comme c’est le cas en Europe ». Mais cette proportion reste inatteignable au Maroc, « en raison du monopole organisé et du manque de transparence pratiqués par la FISA et ses filiales, dans un contexte d’absence d’application de la loi 28-07 sur la traçabilité ».

L’association rappelle également avoir proposé, lors de la Conférence nationale du commerce à Marrakech en 2019, une révision des droits de douane sur les poussins de chair pour encourager la concurrence et réduire les coûts de production — une proposition à laquelle « la FISA s’est farouchement opposée », ce qui aurait contribué à la manipulation des prix.

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Ces dernières années, le prix du poussin a connu des « fluctuations fortes et injustifiées », oscillant parfois entre 7 et 12 dirhams au cours d’une même semaine, et atteignant 14 dirhams en 2024, alors que son coût réel ne dépasse pas 3 dirhams. Ce déséquilibre, selon l’association, permet aux grandes entreprises de réaliser « des bénéfices colossaux au détriment des éleveurs et des consommateurs ».

En conclusion, l’association alerte sur un « danger réel pour l’équilibre économique et social du secteur » et appelle à l’ouverture d’une enquête officielle ainsi qu’à la mise en place d’un mécanisme de contrôle strict sur les chaînes de production et de tarification, afin de garantir plus de transparence et de justice sur le marché national.