130 points de suture au visage : l'affaire Imane relance le combat contre les mariages de mineures

L'affaire Imane, une jeune femme violemment agressée au couteau, à Taza, par son ex-mari, relance le débat sur les mariages forcés de mineures. Une députée interpelle le gouvernement sur la prise en charge de la victime, rappelant que cette pratique persiste malgré la réforme du Code pénal de 2012.

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La députée Kouloub Faitah, membre du groupe parlementaire du Parti Authenticité et Modernité (PAM) à la Chambre des représentants, a adressé deux questions écrites, respectivement au ministre de la Santé et de la Protection sociale et à la ministre de la Solidarité, de l’Insertion sociale et de la Famille, concernant la prise en charge médicale et psychologique de la jeune victime d’une agression brutale dans la ville de Taza.

Dans ses questions écrites, Faitah a précisé que l’affaire de la jeune Imane, agressée sauvagement par son ex-mari, remet sur le devant de la scène la problématique du mariage des mineures à leurs agresseurs. Elle a rappelé que cette question avait suscité un large débat en 2012 après le drame d’Amina Filali à Larache, qui avait abouti à la modification de l’article 475 du Code pénal.

Contrainte d’épouser son violeur

Avant sa modification, cet article prévoyait l’arrêt des poursuites pénales en cas de mariage de la victime avec son violeur, ce qui était alors considéré comme une consécration de l’impunité. La suppression du dernier alinéa avait répondu à de fortes revendications sociales et des ONG de défense des droits humains.

La députée a souligné que, bien que les dispositions actuelles du Code pénal incriminent le viol et le punissent d’une peine de prison, la possibilité de marier la victime à son agresseur continue de poser des problèmes pratiques. Elle a jugé que le cas d’Imane, à Taza, en constitue une illustration flagrante : contrainte d’épouser son violeur, elle a ensuite été victime d’une tentative de meurtre qui lui a laissé 130 points de suture au visage, des blessures profondes et de lourdes cicatrices.

Faitah a demandé au ministre de la Santé de préciser les mesures urgentes mises en place pour assurer la prise en charge médicale de la jeune femme, et à la ministre de la Solidarité d’indiquer les actions entreprises pour son accompagnement psychologique.

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