Dans une réponse à une question écrite à la Chambre des représentants, le ministre a expliqué que, malgré cette baisse, le nombre de demandes enregistrées dans ce cadre montre clairement la prédominance des demandes émanant des zones rurales par rapport à celles issues des zones urbaines.
Les statistiques indiquent que le nombre de demandes d’autorisation de mariage de mineurs s’est élevé en 2020 à 16.357 demandes (dont 11.830 en milieu rural et 4.527 en milieu urbain). Ce chiffre a augmenté en 2021 pour atteindre 21.433 demandes (15.150 en milieu rural et 6.283 en milieu urbain), avant de baisser en 2022 à 14.632 demandes (10.528 en milieu rural et 4.104 en milieu urbain).
En 2023, une nouvelle baisse a été enregistrée avec 11.903 demandes (9.021 en milieu rural et 2.882 en milieu urbain), avant que la tendance ne reparte à la hausse en 2024 avec 15.425 demandes (11.325 en milieu rural et 4.100 en milieu urbain).
La solution ? “Encourager les jeunes filles à poursuivre leurs études”, selon Ouahbi
Ouahbi a rappelé que le législateur marocain, depuis l’adoption du Code de la famille, a mis en place une procédure légale stricte concernant le mariage des personnes de moins de 18 ans. Le juge de la famille chargé du mariage peut accorder l’autorisation à titre exceptionnel, dès lors qu’il existe un intérêt et que les conditions requises sont réunies. Cette autorisation doit être dûment motivée, avec mention des raisons et des justifications, après avoir entendu les parents du mineur ou son tuteur légal, et sur la base d’une expertise médicale ou d’une enquête sociale.
Il a ajouté que le ministère de la Justice s’intéresse particulièrement à ce type de mariage depuis 2006, en adressant des circulaires aux juges de la famille et aux responsables judiciaires, en organisant des ateliers et des journées d’étude régionales, et en collectant et publiant les statistiques relatives au mariage des mineurs. Le ministère s’est également attaqué à ce que l’on appelle dans certaines régions le “mariage par contrat”.
Le ministre a en outre souligné que le ministère a renforcé le rôle des assistantes sociales dans les sections de justice familiale. Ces efforts, combinés à ceux des autres départements gouvernementaux et des organisations de la société civile, ont contribué à réduire le phénomène et à freiner sa propagation.
Enfin, Ouahbi a insisté sur le fait que la lutte contre le mariage des mineures ne relève pas uniquement de la législation, mais aussi de mentalités et de représentations sociales dominantes. Il a appelé à intensifier les efforts de sensibilisation aux dangers de ce phénomène et à traiter ses causes économiques et sociales, notamment à travers l’amélioration des infrastructures éducatives, l’encouragement des jeunes filles à poursuivre leurs études ou à suivre des formations professionnelles, et la mise en œuvre effective de l’obligation de scolarité afin de réduire le décrochage scolaire.
