Le secrétariat national de l’Union marocaine du travail (UMT) a exprimé son rejet de toutes les décisions comptables et techniques relatives aux régimes de retraite visant à faire assumer aux seuls salariés le coût de la mauvaise gestion et de la gouvernance de ces systèmes. Il a appelé le gouvernement à adopter une approche participative et sociale efficace pour élaborer une réforme consensuelle qui développe les acquis et garantisse les droits.
À travers un communiqué reçu par TelQuel Arabi, le secrétariat national a décidé de mandater la délégation de négociation de l’UMT pour la réunion prévue jeudi 18 septembre avec la ministre de l’Économie et des Finances, afin de porter les positions de l’Union et défendre les revendications de l’ensemble des salariés et retraités des secteurs privé, public et des collectivités territoriales.
Après avoir examiné le contenu de la lettre reçue du ministre de l’Emploi le 8 septembre concernant ce qu’il a appelé « l’atelier de révision du Code du travail », l’UMT a estimé que cette initiative, transmise par une « lettre piégée », constitue une nouvelle tentative du ministre, par des méthodes détournées, de porter atteinte aux droits et acquis de la classe ouvrière, en cherchant à légaliser le licenciement et le renvoi des salariés ainsi que la réduction de leurs indemnités au profit d’un patronat « vorace ».
Le syndicat a rappelé au ministre qu’il doit avant tout veiller à l’application des dispositions actuelles du Code du travail, notamment en matière de déclaration effective des salariés auprès de la Caisse nationale de sécurité sociale et du respect de l’ensemble des législations sociales.
Liberté de presse menacée et pouvoir d’achat en baisse
Le secrétariat national a également pris acte de la loi relative à la réorganisation du Conseil national de la presse, exprimant sa crainte que l’adoption de ce projet ne constitue un recul par rapport aux garanties constitutionnelles de la liberté de la presse ainsi qu’à l’indépendance et à la démocratisation de son cadre représentatif. L’UMT a mandaté la fédération nationale de la presse, des médias et de la communication ainsi que son groupe parlementaire pour suivre ce dossier en discussion à la Chambre des conseillers.
Il a par ailleurs alerté le gouvernement sur la gravité de la flambée continue et excessive du coût de la vie, en l’absence de mesures concrètes pour protéger le pouvoir d’achat de la classe ouvrière et des citoyens en général. Dans ce cadre, l’UMT a appelé à une révision de la loi 104.12 relative à la liberté des prix et de la concurrence, afin de protéger le consommateur, mettre fin aux pratiques monopolistiques et collusoires, et activer les mécanismes d’intervention contre les hausses excessives des prix.
Le syndicat a également réclamé l’ouverture d’un dialogue social dans le cadre de la session de septembre 2025, portant sur le projet de loi de finances 2026. Il a invité le gouvernement à faire de ce projet une étape qualitative et différente, visant à corriger les déséquilibres sociaux et à répondre aux attentes de l’ensemble de la classe ouvrière.
Enfin, l’UMT a réaffirmé son attachement à une augmentation générale des salaires, du salaire minimum, des pensions de retraite et du minimum des pensions, ainsi qu’à la hausse des allocations familiales pour les enfants et à la poursuite de la réforme de l’impôt sur les revenus salariaux.
