Affaire Sion Assidon : le parquet de Casablanca clarifie la chronologie des faits

Le procureur général du roi près la Cour d’appel de Casablanca a publié, mardi 19 août, un communiqué destiné à clarifier les faits relayés sur les réseaux sociaux autour de l’affaire du militant pro-palestinien et coordinateur national de la branche marocaine du mouvement BDS Sion Assidon. Selon le communiqué, les investigations menées par les services de police judiciaire dressent, pour l’heure, un tableau factuel qui contredit plusieurs rumeurs circulant en ligne.

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Le militant pro-palestinien et coordinateur national de la branche marocaine du mouvement BDS Sion Assidon. Crédit: Facebook/Sion Assidon

D’après le communiqué, deux personnes se sont présentées, le 11 août, aux services de police en déclarant la disparition de leur employeur (Sion Assidon) après l’impossibilité d’établir tout contact téléphonique. En se rendant à son domicile, elles ont trouvé son véhicule garé devant la porte. Après ouverture du domicile, les policiers ont découvert dans le jardin des outils (échelle, scie, pioche, sécateur), des résidus de végétaux fraîchement coupés et des traces de taille sur des arbres.

À l’intérieur du rez-de-chaussée, la personne concernée a été retrouvée inanimée sur un canapé. Les premiers constats ont établi qu’il respirait encore, et il a été transféré sans délai à l’hôpital, précise le parquet. Les premières vérifications effectuées sur place ont permis de retrouver plusieurs effets personnels , notamment son téléphone, une paire de sandales avec des traces d’herbe, des clés, deux ordinateurs portables, ainsi qu’un ensemble d’objets et de livres rangés de manière ordonnée, sans aucun signe d’effraction ou de désordre ne soit constaté.

Des prélèvements biologiques ont été effectués sur les outils et à divers endroits du logement afin d’exploiter d’éventuelles empreintes digitales et traces invisibles à l’œil nu. Les résultats préliminaires indiquent la présence exclusive d’empreintes appartenant à Sion Assidon, selon le parquet.

Le communiqué insiste également sur l’apport des images de la caméra de vidéosurveillance installée à l’extrémité de la ruelle, à quelque 300 mètres du domicile. L’exploitation de ces enregistrements montre que le 9 août 2025, à 10h36, Assidon est arrivée en voiture, l’a garée en face de son portail, et s’est rendu seul à son domicile. En suivant la chronologie des enregistrements jusqu’à l’arrivée des déclarants et des forces de l’ordre le 11 août, les enquêteurs n’ont observé aucun mouvement du véhicule ni utilisation de celui-ci depuis son stationnement.

Les témoignages recueillis complètent ce tableau. Un ouvrier du bâtiment logeant à la maison voisine a déclaré avoir vu, le samedi en début d’après-midi (vers 14h), l’intéressé sur une échelle en train de tailler des branches. Après avoir quitté son travail aux environs de 17h, Sion Assidon était toujours à l’oeuvre. Le lendemain matin (dimanche 10 août), le même ouvrier a retrouvé l’échelle entourée de résidus de taille.

Le propriétaire de la maison voisine a été, à son tour, entendu, affirmant avoir précédemment demandé à l’intéressé de tailler les plantes de son jardin. Il a été convenu que cela serait fait le samedi, et il a confirmé l’avoir effectivement vu effectuer cette tâche le jour mentionné.

Le parquet de Casablanca souligne que ces éléments font partie du dossier en cours et que les investigations se poursuivent afin d’établir avec précision les circonstances ayant mené à la découverte de Sion Assidon évanoui chez lui et à son hospitalisation.

Lundi, les proches du militant ont indiqué que l’état du militant, hospitalisé à l’hôpital Cheikh Khalifa de Casacablanca, était « stable mais grave », selon une note d’information que TelQuel a pu consulter. Le coordinateur national du mouvement BDS au Maroc, âgé de 77 ans, demeure dans le coma et sous assistance respiratoire après une intervention chirurgicale d’urgence dans un hôpital de Mohammedia, avant d’être transféré à Casablanca. Les médecins ont également signalé que le militant est atteint d’une infection pulmonaire.

Plusieurs proches, amis et compagnons de lutte se sont rassemblées dimanche 17 août après-midi devant l’entrée de l’hôpital pour un sit-in de soutien symbolique en faveur du militant.

Né en 1948 à Agadir dans une famille de confession juive, figure de proue de l’extrême gauche, Sion Assidon a passé douze ans en prison entre 1972 et 1984 pour atteinte à la sûreté de l’Etat. En 1996, il co-fonde l’association de lutte contre la corruption Transparency Maroc, puis lance en 2010 la branche marocaine du mouvement mondial BDS (boycott, désinvestissement, sanctions) contre la normalisation avec Israël, dans lequel il milite depuis.

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