Ce projet stratégique de colonisation, baptisé E1, couperait la Cisjordanie en deux et empêcherait définitivement la création d’un éventuel Etat palestinien disposant d’une continuité territoriale, selon ses détracteurs.
« Ceux qui veulent aujourd’hui reconnaître un Etat palestinien recevront une réponse de notre part sur le terrain.(…) Par des faits concrets : des maisons, des quartiers, des routes et des familles juives qui construisent leur vie », a déclaré Bezalel Smotrich.
« En ce jour important, j’appelle le Premier ministre Benjamin Netanyahu à appliquer la souveraineté israélienne en Judée-Samarie, à abandonner définitivement l’idée d’une partition du pays et à faire en sorte que d’ici septembre, les dirigeants hypocrites européens n’aient plus rien à reconnaître », a lancé M. Smotrich.
« Si vous reconnaissez un Etat palestinien en septembre, notre réponse sera l’application de la souveraineté israélienne sur toutes les parties de Judée-Samarie. Ainsi, vous n’aurez tout simplement plus rien à imaginer », a-t-il menacé.
Il s’exprimait lors d’un événement organisé localement, dans la colonie de Maalé Adoumim, à l’est de Jérusalem, pour faire le point sur l’avancée du projet E1, un développement de cette colonie.
Le ministère des Affaires étrangères de l’Autorité palestinienne a « condamné fermement » ce projet et « appelé à une intervention internationale et des sanctions pour arrêter leur mise en œuvre ».
« La construction coloniale dans la zone E1 est une continuation des plans d’occupation visant à anéantir toute possibilité de réaliser l’Etat palestinien sur son territoire », a dénoncé l’Autorité palestinienne.
L’ONG israélienne anti-colonisation La Paix maintenant a dénoncé jeudi ce « plan » prévu par les autorités, le qualifiant de « fatal pour l’avenir d’Israël et pour toute chance d’une solution à deux Etats ».
Selon l’ONG, l’accord final du plan sera discuté mercredi prochain par un comité technique dépendant du ministère de la Défense et, après toutes les étapes bureaucratiques, « pourrait être mis en place d’ici quelques mois avec des constructions dans un an environ ». L’ONG affirme que ce comité a déjà rejeté toutes les objections légales au projet.
L’Autorité palestinienne voit le secteur concerné comme un gage de continuité territoriale d’un futur Etat avec Jérusalem-Est pour capitale.
Les Israéliens, eux, veulent bâtir la zone afin de parachever leur ceinture de colonies visant à protéger Jérusalem, mais y ont gelé leurs projets de développement immobilier sous pression des Européens, pour qui un tel verrouillage enterrerait une solution de paix à deux Etats.
Quelque trois millions de Palestiniens vivent en Cisjordanie, occupée par Israël depuis 1967, aux côtés d’environ 500.000 Israéliens installés dans des colonies, illégales au regard du droit international.
