Hakim H., 47 ans et conducteur d’engins domicilié en Normandie mais dormant sur des échafaudages lorsqu’il travaille à Paris, a été condamné à trois mois de prison avec sursis, à une obligation de soins et au versement symbolique d’un euro au Centre des monuments nationaux pour « violation de sépulture ou monument édifié à la mémoire des morts. »
Le 4 août, après avoir passé l’après-midi à boire, l’intéressé, qui travaillait non loin, traverse la place de l’Étoile. Pressé de fumer, il franchit le cordon de sécurité entourant la tombe du Soldat inconnu, foule la dalle et allume sa cigarette à la flamme qui brûle en continu depuis le 11 novembre 1923.
Une touriste filme la séquence ; la vidéo, massivement diffusée, déclenche une onde de choc médiatique et des réactions politiques, dont celle du ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, qualifiant le geste « d’indigne et misérable. »
Hakim H. est père de 4 enfants et présente 28 mentions au casier pour délits mineurs. Diagnostiqué bipolaire en 2019, il explique avoir mêlé alcool et traitement après une séparation. L’expertise a estimé son discernement altéré lors des faits.
« J’aime l’armée, j’aime la France, je n’ai rien contre le Soldat inconnu », a-t-il déclaré au tribunal, indiquant avoir commis « la bêtise du siècle », regrettant son geste « amèrement ».
Le parquet avait requis une peine d’un an, dont deux mois ferme, et des mesures d’éloignement des arrondissements concernés. Le tribunal a préféré une réponse combinant sanction et suivi médical.
