Dans un reportage choc publié par Corriere della Sera, le journaliste Andrea Galli dévoile l’existence d’un système mafieux de traite humaine qui exploite des adolescents marocains, principalement originaires de la région pauvre de Béni Mellal, pour alimenter le trafic de drogue dans le nord de l’Italie, notamment dans le parc naturel des Groane, situé à la périphérie de Milan (nord de l’Italie).
Selon un scénario crédible développé par cet enquêteur italien, ces jeunes migrants, souvent mineurs ou à peine majeurs, sont intégrés à une organisation criminelle qui leur fournit logement, nourriture, vêtements… et armes. En échange, ils sont contraints de vendre de la drogue, en étant soumis à un contrôle total et à des violences extrêmes en cas de manquements.
Le parcours migratoire passe par l’Espagne, considérée comme une porte d’entrée plus “souple” vers l’Europe, mais aussi comme un point de repli en cas d’arrestation. Sur le terrain, les dealers vivent cachés dans des fermes abandonnées ou des logements insalubres, souvent loués ou achetés par des complices. Ils sont interdits de contact avec l’extérieur, ne devant ni être vus, ni être reconnus.
L’article souligne quatre aspects de cette “traite” :
- L’origine des mineurs : Béni Mellal, région marquée par la misère et l’abandon éducatif.
- Leur trajet : via l’Espagne, avant d’être redirigés vers les zones boisées du nord de l’Italie.
- Leurs conditions de vie : Ces jeunes transportent constamment drogue et parfois armes blanches ; toute erreur se solde par des tortures.
- L’isolement : Leur présence doit rester secrète. Ils n’ont pas le droit de sortir ou d’interagir avec la société.
Malgré les efforts des autorités locales et de certaines unités spéciales de carabiniers (les gendarmes italiens), le phénomène reste largement ignoré par la société civile italienne, alors même qu’il s’aggrave.
