À six mois des Jeux olympiques d’hiver de Milan-Cortina 2026, un athlète se prépare dans les Alpes françaises avec un objectif audacieux : devenir le premier biathlète africain à concourir sur la scène olympique. Comme le rapporte le quotidien français Le Parisien dans un article, Paul Mehdi Benhayoun, 32 ans, né à Reims (nord-est de la France) d’un père marocain et d’une mère française, s’est lancé dans cette aventure humaine et sportive hors du commun.
Rien ne prédestinait ce passionné de tennis à une carrière dans le ski nordique. Ce n’est que tardivement, lors de ses études à Chambéry, qu’il découvre la montagne, puis le ski de fond. Après avoir travaillé dans l’événementiel sportif et côtoyé Roland-Garros ou le Tour de France, c’est à Chamonix qu’il prend goût aux sports d’hiver. Un jour, un ami l’encourage à essayer le biathlon, discipline exigeante mêlant ski de fond et tir. Le déclic est renforcé par le film Good Luck Algeria, sorti en 2016, qui retrace le parcours réel d’un Franco-Algérien aux JO d’hiver de 2006.
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Un parcours semé d’embûches
Inspiré, Paul Mehdi Benhayoun décide alors de représenter le Maroc, pays de son père, aux JO. Pour concrétiser ce rêve, il entame un parcours semé d’embûches : démarches administratives, recherche de soutien fédéral, structuration de son entraînement. Il convainc la Fédération royale marocaine de ski et sports de montagne (FRMSSM) d’adhérer à l’Union internationale de biathlon (IBU) en juin 2025, condition sine qua non pour pouvoir concourir à l’international.
Sur le terrain, le défi est immense. Le biathlon est dominé par des nations comme la Norvège ou la France, et Benhayoun part de loin. Il participe à des courses nationales en France, souvent en fin de classement, mais y gagne en expérience. Il espère désormais se qualifier grâce aux 10 quotas réservés aux “petits pays”, en disputant ses premières compétitions internationales cet hiver, notamment en IBU Cup, l’antichambre de la Coupe du monde.
“Au fond de moi, je sais que je vais réussir à me qualifier pour les Jeux cet hiver. Mais il fallait que je me donne les moyens de cette ambition et que je sois entièrement tourné vers ça”
Conscient de ses lacunes, notamment physiques et techniques, il s’est entouré d’un encadrement compétent et a séduit quelques sponsors convaincus par la dimension symbolique et pionnière de son projet. Après avoir mis de l’argent de côté en travaillant en Suisse, il se consacre depuis un an à plein temps à sa préparation.
“Au fond de moi, je sais que je vais réussir à me qualifier pour les Jeux cet hiver. Mais il fallait que je me donne les moyens de cette ambition et que je sois entièrement tourné vers ça”, affirme-t-il dans Le Parisien, déterminé à faire retentir le drapeau marocain sur les pistes enneigées d’Italie.
