Banques : Le recours au cash se maintient, malgré l'essor des cartes bancaires

Malgré une légère baisse du nombre d'agences bancaires traditionnelles, le secteur financier marocain poursuit sa transformation digitale. Avec 32.221 points de paiement alternatifs (+6.328 en un an) et 22,6 millions de cartes bancaires en circulation, le Maroc accélère sa transition vers une économie moins dépendante du cash, sous l'impulsion de Bank Al-Maghrib.

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Ce qu’il s’est passé

Le réseau bancaire au Maroc a atteint 5.692 agences en 2024, selon le rapport annuel de supervision bancaire de Bank Al-Maghrib (BAM). Cela marque une baisse de 120 agences pour les banques conventionnelles, mais une hausse de sept agences pour les banques participatives. La densité bancaire s’améliore légèrement avec une agence pour 4.709 habitants de 15 ans et plus, contre 4.791 en 2023.

En parallèle, les guichets automatiques bancaires (GAB) sont passés à 8.328 unités, en hausse de 1%. Casablanca-Settat concentre à elle seule 28% des agences, 39% des dépôts et 65% des crédits bancaires.

Le réseau des banques participatives (banques et fenêtres) s’est élargi à 206 agences, réparties dans toutes les régions, avec une forte concentration dans Casablanca-Settat, Rabat-Salé-Kénitra et Fès-Meknès (64%).

Le réseau des établissements de paiement a explosé, atteignant 32.221 points physiques (hors agences bancaires), soit +6.328 en un an. 9% de ces points sont situés en zone rurale.

Le réseau des institutions de microfinance a également progressé de 1,2% pour atteindre 1.673 points de vente, après une baisse l’année précédente.

Côté moyens de paiement, le nombre de cartes bancaires en circulation a bondi à 22,6 millions en 2024 (+12%), contre 20,2 millions en 2023, mais 86% des opérations restent des retraits en espèces, confirmant la prédominance du cash dans les habitudes de paiement.

Le nombre de comptes de paiement ouverts auprès des établissements habilités s’est établi à 13,8 millions à fin 2024, en progression de 33% par rapport à l’année précédente, selon Bank Al-Maghrib (BAM).

Cette évolution a été portée notamment par les ouvertures de comptes en lien avec les programmes sociaux mis en œuvre depuis 2023, explique BAM dans son rapport annuel sur la supervision bancaire.

Le taux d’activation de ces comptes a enregistré une nette amélioration, passant de 17,7% en 2023 à 28% en 2024, soit un total de 3,81 millions de comptes ayant effectué au moins une transaction au cours du dernier trimestre.

La répartition des comptes par niveau fait ressortir une domination croissante des comptes de niveau 3, plafonnés à 20.000 dirhams, qui ont représenté 38,2% des ouvertures, contre 29% en 2023.

En parallèle, les parts des comptes de niveau 1 (plafond de 200 dirhams) et de niveau 2 (plafond de 5.000 dirhams) se sont repliées à 31% chacune, après s’être situées respectivement à 35% et 36% en 2023.

Par ailleurs, le nombre de comptes ouverts par les commerçants a progressé de 8%, pour s’établir à près de 56 mille comptes acceptant les paiements via M-Wallet.

Pourquoi c’est important

Ces chiffres traduisent une dynamique contrastée : d’un côté, le réseau classique (agences) se stabilise ou recule légèrement, tandis que les canaux alternatifs (établissements de paiement, GAB, cartes bancaires) gagnent du terrain, notamment en zones urbaines et périurbaines.

Face à cette évolution, BAM mise sur le digital pour transformer les usages et réduire la dépendance au cash. La banque centrale a renforcé le cadre réglementaire des services de paiement pour stimuler la concurrence et favoriser l’inclusion financière, en particulier dans les régions enclavées.

Parmi les chantiers engagés :

  • La loi bancaire de 2014 ouvrant le marché aux établissements de paiement ;
  • L’introduction du M-Wallet, solution mobile interopérable, en 2018 ;
  • L’uniformisation des règles de contrôle et d’agrément pour les opérateurs.

Ce qu’ils en disent

Bank Al-Maghrib réaffirme son engagement pour une transition vers le paiement numérique, pilier de sa stratégie pour moderniser l’écosystème bancaire marocain, en misant sur l’inclusion, la transparence et la réduction de la circulation du cash.

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