Universités : Le Gabon réoriente ses boursiers vers le Maroc

Dès la rentrée académique 2025-2026, le Gabon réorientera sa politique de bourses d'études vers l'étranger en se concentrant exclusivement sur des domaines d'études considérés comme essentiels au développement du pays mais aussi d'un recentrage vers des pays plus abordables financièrement comme le Maroc et le Sénégal.

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Ce qu’il s’est passé

Cette annonce a été faite par Elisabeth Désirée Mboumba Lassy, directrice générale de l’Agence nationale des bourses du Gabon (ANBG), via un communiqué diffusé à la télévision nationale Gabon 1ère. Dès la rentrée 2025-2026, l’attribution des bourses d’études internationales sera limitée aux domaines de formation considérés comme « essentiels au développement du pays ». L’Agence nationale des bourses du Gabon (ANBG) recommande par ailleurs d’orienter les étudiants vers des destinations plus abordables économiquement, notamment le Maroc et le Sénégal, en application des directives présidentielles.

 

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Pourquoi c’est important

La mesure s’inscrit dans la volonté du gouvernement gabonais de rationaliser les dépenses publiques tout en alignant la formation des jeunes sur les besoins économiques du pays. Elle met fin aux bourses accordées sans critères sectoriels stricts.

Les secteurs prioritaires retenus incluent la transformation des matières premières, l’agronomie et la sécurité alimentaire, le numérique, l’aéronautique, les énergies renouvelables et la médecine spécialisée. Ces choix répondent à une stratégie de développement national et d’autonomisation sectorielle.

“Ceux qui vont aux États-Unis ou Canada ne reviennent jamais”

Brice Clotaire Oligui Nguema, président du Gabon

Le Maroc est ainsi confirmé comme destination de premier plan pour la coopération académique, en raison de la qualité de son enseignement supérieur et de sa proximité culturelle et géographique avec le Gabon.
Le président Brice Clotaire Oligui Nguema a affirmé que « ceux qui vont aux États-Unis ou Canada ne reviennent jamais », alors que les étudiants envoyés au Maroc, au Sénégal ou au Ghana sont plus enclins à revenir au Gabon après leurs études. L’enjeu de ces nouvelles mesures est donc de limiter la fuite des cerveaux à l’étranger.

Ce qu’ils en disent

Selon l’Agence nationale des bourses du Gabon, cette réforme découle des instructions directes du chef de l’État gabonais et s’inscrit dans le cadre du décret du 12 février 2024 régissant l’attribution des bourses. L’agence parle d’un tournant structurel dans la politique éducative gabonaise, visant à former une élite nationale compétente dans des domaines ciblés et à réduire les coûts liés aux formations dans des pays plus onéreux.

“Cette instruction vise également pour les mêmes types de formation à privilégier certaines destinations à l’étranger financièrement plus soutenables, telles que le Maroc et le Sénégal où le coût moyen par étudiant est respectivement de 5 504 000 francs et de 3 172 000 francs en comparaison de la France, au Canada et des États-Unis où ce coût est respectivement de 8 505 000 francs, 13 928 000 francs et 24 405 000 francs CFA”Paule Elisabeth Désirée Mboumba Lassy, directrice générale de l’ANBG sur les antennes de Gabon 1ère.

Le Maroc, cité explicitement comme destination soutenable et stratégique, voit ainsi renforcée sa position de hub éducatif africain, notamment dans le cadre des relations Sud-Sud avec les pays d’Afrique centrale.

Le contexte

Cette réorientation s’inscrit dans une politique plus large annoncée publiquement par le président Brice Clotaire Oligui Nguema. Le chef de l’État a déclaré en juillet 2025 que les bourses vers des destinations comme la France, le Canada ou les États-Unis seraient suspendues d’ici 2026, en raison de leur coût élevé et du faible taux de retour des étudiants. “À quoi ça nous sert de donner des bourses à des Gabonais qui vont rester là-bas ?”, a-t-il lancé lors d’un échange avec la diaspora. En contrepartie, des pays “plus soutenables et dont les diplômés reviennent” ont été cités, tels que le Maroc, le Sénégal et le Ghana, jugés plus en phase avec les objectifs de retour sur investissement humain et financier du pays.

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