Ce qu’il s’est passé
L’Institution du Médiateur du Royaume a reçu 13.142 plaintes, doléances, demandes de régularisation et initiatives spontanées en 2022 et 2023, a indiqué mercredi 16 juillet 2025 à Rabat son président Hassan Tariq, lors d’une rencontre organisée par la Commission de justice, de législation, des droits de l’Homme et des libertés à la Chambre des représentants, consacrée à la présentation des rapports annuels de l’institution.
Pourquoi c’est important
Ces chiffres traduisent une confiance croissante des citoyens dans le rôle du Médiateur en tant qu’instance d’équité en dehors du champ judiciaire, mais révèlent aussi la persistance des dysfonctionnements dans la relation entre l’administration publique et les usagers. Le Médiateur insiste sur la nécessité d’une modernisation de la gouvernance administrative, fondée sur la reddition des comptes.
Ce qu’ils en disent
Selon M. Tariq, le nombre de doléances est passé de 5.916 en 2022 à 7.226 en 2023, soit une hausse de 22,14 %. Les dépôts via le portail Espace citoyen ont augmenté de 77,98 %, atteignant 2.239 cas en 2023.
L’institution a traité 9.267 dossiers sur deux ans, avec un taux de traitement de 95,85 % (4.116 décisions rendues en 2022, 5.151 en 2023). Une partie des doléances a été classée pour incompétence ou vices de forme conformément à la loi n° 14.16.
Le Médiateur a également souligné que le taux d’interaction des administrations avec les recommandations de l’institution a augmenté de 118 % en 2023, signe d’une meilleure reconnaissance institutionnelle. Le Département du Chef du gouvernement a réagi favorablement à plusieurs propositions.
Et maintenant ?
En 2022 et 2023, quatorze propositions ont été transmises au Chef du gouvernement, portant notamment sur :
- La situation des étudiants marocains en Ukraine,
- La simplification du renouvellement du permis de conduire pour les MRE,
- Le programme d’aide au logement,
- Et les résultats de l’examen d’accès à la profession d’avocat.
Le Médiateur appelle à traiter les recommandations en suspens, et à renforcer le rôle du Parlement dans le suivi des réformes et l’interpellation des secteurs concernés.
Vision stratégique
Pour la période 2025–2027, l’Institution prévoit une approche intégrée articulée autour de :
- La protection des droits,
- L’évaluation du service public,
- La modernisation institutionnelle,
- Et l’ouverture participative.
Les parlementaires ont unanimement salué l’importance du rôle joué par l’Institution, appelant à renforcer l’accès des citoyens à ses services, notamment à travers les plateformes numériques, et à en faire un levier central dans la réforme de l’administration publique.
