Pourquoi ça compte ?
Parce que cette mobilisation pacifique venue du cœur du Haut Atlas dénonce une « marginalisation structurelle » ressentie depuis des décennies par les habitants d’Aït Bouguemez. Leur marche à pied jusqu’au siège de la préfecture pose, la question de la justice territoriale et de l’accès aux services publics essentiels.
Ce qu’il s’est passé
Le gouverneur de la province d’Azilal a reçu jeudi des représentants de la population d’Aït Bouguemez issus de la société civile, dès leur arrivée au siège de la préfecture.
Ces derniers poursuivaient leur marche de protestation entamée depuis les douars de la commune de Tabant, après avoir passé la nuit précédente à Aït Mohammed.
Cette initiative s’inscrit dans le cadre de la « Marche de la dignité », lancée pour dénoncer ce que les manifestants qualifient de « longues années de marginalisation et de mépris », et pour réclamer la fin de l’isolement, ainsi que des soins de santé adéquats et la réhabilitation des routes régionales n°302 et 317, considérées comme vitales pour désenclaver la région.
Ce qu’ils ont dit
Dans une déclaration à TelQuel Arabi, Hicham Azrou, vice-secrétaire local de la Fédération de la gauche démocratique à Azilal, a rejeté toute tentative d’associer cette marche à un parti politique particulier.
“Certains articles présentent cette marche comme étant liée à des partis, alors qu’en réalité, elle est portée par la société civile, en tant qu’expression populaire d’une réalité difficile et d’un profond sentiment d’humiliation.”
Il a affirmé que :
“Les revendications sont claires et légitimes, à leur tête la réhabilitation des routes régionales 302 et 317, véritables nerfs vitaux pour la région, dont l’état déplorable ne peut plus être ignoré.”
Et d’ajouter :
“Nous refusons que les citoyens soient pénalisés pour des calculs politiques étroits. On ne peut prendre comme prétexte l’appartenance politique d’un président de commune ou d’un parti pour ne pas rendre justice à cette population.”
Selon lui, la responsabilité incombe à la fois aux autorités provinciales et aux élus locaux et régionaux.
Quel est le contexte ?
Dans ce même esprit, la section locale de la Fédération de la gauche démocratique a publié mercredi un communiqué exprimant son soutien « de principe et inconditionnel » aux luttes des habitants d’Aït Bouguemez.
Elle qualifie ce mouvement d’intifada pacifique en faveur de la justice territoriale et de la dignité humaine du monde rural.
La Fédération estime que cette marche traduit la profondeur de la crise de développement que vit la région, qu’elle attribue à la persistence de politiques néolibérales et à des choix centralisés qui marginalisent des territoires entiers et annihilent tout espoir d’équité régionale.
Le gouverneur de la province d’Azilal a reçu, jeudi, des représentants de la population d’Aït Bouguemez issus de la société civile, dès leur arrivée au siège de la préfecture. Ces derniers ont poursuivi leur marche de protestation à pied, entamée depuis les douars de la commune… pic.twitter.com/1DtTdXWtl6
— TelQuel (@TelQuelOfficiel) July 11, 2025
