Jeunes et politique : 78 % des étudiants n’ont pas confiance dans les partis politiques

Une étude universitaire révèle une défiance massive des jeunes Marocains vis-à-vis des partis politiques. En cause : un décalage croissant entre leurs attentes et un paysage partisan jugé obsolète, éloigné de leurs préoccupations, selon une étude relayée par Al3Omk.

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Des jeunes organisent un tournoi de football à Hay Hassani, un quartier populaire de Casablanca, en mars 2025. Crédit: Yassine Toumi/TelQuel

Ce que dit l’étude :

Publié dans le dernier numéro de la Revue Al-Bahit des études et recherches scientifiques, le travail de terrain du chercheur Abdelhaq Haji (Université Hassan II de Casablanca) révèle que 78 % des 300 étudiants interrogés ne considèrent pas les partis comme une véritable expression de leurs aspirations. L’étude, intitulée « Entre recul et pari : l’avenir de l’influence partisane dans la culture politique au Maroc », analyse en profondeur les causes de ce rejet.

Pourquoi ça compte :

Le rapport pointe deux types de causes :

  • Organisationnelles : structures vieillissantes, manque de démocratie interne, absence de renouvellement des élites, personnalisation du pouvoir.
  • Axiologiques : effacement des idéologies structurantes, programmes flous, perte d’impact du discours partisan et transformation des formes d’engagement.

Selon l’auteur, 66 % des jeunes s’informent surtout via les réseaux sociaux, témoignant d’une fracture croissante entre les partis et l’émergence d’une culture politique numérique que ces derniers peinent à intégrer.

Un rôle constitutionnel non rempli :

La Constitution de 2011 confère aux partis un rôle de formation et d’encadrement citoyen. Or, cette mission reste largement théorique, selon l’étude, faute de vision pédagogique et d’ancrage territorial. Ce déficit ne serait pas lié au manque de moyens, mais à l’incapacité des partis à créer un engagement politique authentique.

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Ce que propose l’étude :

Pour restaurer la confiance, le chercheur appelle à :

  • Une réforme interne axée sur la démocratie et la transparence,
  • Une rotation des responsabilités et un renouvellement des pratiques,
  • L’adoption d’un nouveau langage politique, aligné sur les attentes sociétales actuelles.