Peu après 11H00 (09H00 GMT), des vols maintenus accusaient d’importants retards, notamment 1h36 à l’arrivée et 48 minutes au départ en moyenne à Nice, selon la Direction générale de l’aviation civile (DGAC).
Les aéroports s’avèrent particulièrement affectés dans la moitié sud du pays par ce mouvement social lancé pour réclamer de meilleures conditions de travail et des effectifs plus importants. Outre à Nice (sud-est), troisième plateforme française, la moitié des vols sont annulés à Bastia et Calvi (Corse), et 30% à Lyon (centre-est), Marseille (sud), Montpellier (sud), Ajaccio et Figari (Corse).
En région parisienne, ces annulations concernent le quart des liaisons au départ ou à l’arrivée de Paris-Charles-de-Gaulle et Orly, deux aéroports qui en période de pointe estivale voient habituellement transiter quelque 350.000 voyageurs par jour au total.
Place forte du « low-cost », celui de Beauvais, situé au nord de Paris, enregistre 25% d’annulations.
Une grève jugée « intolérable » par Airlines for Europe
Quelque 29.000 vols commerciaux sont prévus jeudi en Europe, selon Eurocontrol qui a relevé près de 20 minutes de retard par liaison en moyenne à 11h05, des délais imputables à 78% à la grève française.
« Une fois de plus, les familles européennes sont prises en otage par les grèves des contrôleurs aériens français », a dénoncé son patron Michael O’Leary.
La première compagnie aérienne européenne, Ryanair, a annoncé jeudi avoir dû annuler 170 vols, affectant 30.000 passagers. « Une fois de plus, les familles européennes sont prises en otage par les grèves des contrôleurs aériens français », a dénoncé son patron Michael O’Leary.
Air France a confirmé avoir été « contrainte d’adapter son programme de vols », sans préciser le nombre d’annulations, mais souligné que son réseau long-courrier n’était pas affecté.
L’influente association Airlines for Europe, qui fédère entre autres Air France-KLM, Lufthansa, British Airways, easyJet et Ryanair, a jugé la grève « intolérable » et a prévenu qu’elle allait « perturber les projets de vacances de milliers de personnes ».
La compagnie Royal Air Maroc s’est aussi exprimée, prévenant que certains vols pourraient être impactés par cette grève. « En raison d’une grève des contrôleurs aériens en France le 3 juillet, certains vols de/vers des aéroports français seront perturbés. Nos équipes sont mobilisées pour limiter les désagréments », déclare-t-elle sur X. Elle réitère ce message pour le vendredi 4 juillet, assurant prévenir les passagers des vols concernés par les perturbations.
270 contrôleurs aériens en grève
Vendredi, la situation sera encore plus tendue dans les aéroports parisiens et à Beauvais, la DGAC y ayant ordonné une réduction du nombre de vols de 40%. De source proche du dossier, 270 contrôleurs aériens se sont déclarés grévistes jeudi, sur un effectif total de quelque 1.400.
Une réforme est en cours pour établir un pointage des contrôleurs à la prise de poste, à la suite d’un « incident grave » à l’aéroport de Bordeaux (sud-ouest) fin 2022, quand deux avions avaient failli entrer en collision.
Le deuxième syndicat des aiguilleurs du ciel (17% des voix aux dernières élections professionnelles), l’Unsa-Icna, a appelé à la grève jeudi et vendredi, s’insurgeant contre cette réforme et dénonçant « un sous-effectif entretenu et responsable des retards une bonne partie de l’été », des outils obsolètes et « un management toxique, incompatible avec les impératifs de sérénité et de sécurité exigés ».
Le troisième, l’Usac-CGT (16% des suffrages), a rejoint le mouvement.
Le premier syndicat des aiguilleurs du ciel, le SNCTA (60% des voix), a indiqué à l’AFP ne pas appeler à la grève.
Mercredi, le ministre français des Transports Philippe Tabarot a exclu de céder : « Les revendications portées par des syndicats minoritaires sont inacceptables, tout comme le choix de faire cette grève au moment des grands départs en congés », a-t-il affirmé.
(avec AFP)
