Selon Al3omk, poursuivi aux côtés de douze autres prévenus – des fonctionnaires, élus et entrepreneurs – Mohamed Simo est impliqué dans un dossier regroupant trois volets : l’achat d’un terrain appartenant à un conseiller communal, la construction d’une salle de sport couverte, et l’octroi de subventions à des associations fraîchement créées. Le ministère public évoque des irrégularités majeures, notamment un conflit d’intérêts et le détournement présumé de plus de 370.000 dirhams.
Lors de son audition, Simo a tenté de se dédouaner en affirmant que l’acquisition du terrain avait été validée à l’unanimité par le conseil communal, y compris l’opposition, et approuvée par les autorités locales. Mais face à la pression du juge, il a fini par déclarer qu’il ne comprenait pas les documents en français et avait même du mal à lire l’arabe, ce qui a suscité stupeur et critiques, compte tenu de ses fonctions publiques.
Le propriétaire du terrain – également poursuivi – a, quant à lui, proposé de restituer le double du montant perçu à la commune pour mettre fin aux poursuites, tout en précisant que la société bénéficiaire de la transaction appartenait également à ses enfants.
Un détournement de fonds supérieur à 100.000 DH
Une source de l’opposition a néanmoins affirmé que l’identité du propriétaire du terrain n’était pas connue des membres du conseil au moment du vote, et que seul Simo en avait connaissance.
Par ailleurs, le marché relatif à la salle couverte aurait été attribué à une entreprise au devis le plus élevé, en violation du décret sur les marchés publics, avant que le contrat ne soit résilié pour non-respect des engagements. Simo a défendu cette décision, la jugeant conforme aux procédures.
Concernant les subventions distribuées à des associations récentes, il a assuré qu’elles avaient été validées en coordination avec les autorités provinciales, dénonçant une instrumentalisation politique de ces dossiers par ses opposants.
Le procès a été ajourné au 30 juin, tandis que l’enquête initiale, ouverte suite à une plainte de l’Organisation marocaine pour la protection des deniers publics, a conduit à la mise en examen des accusés sous contrôle judiciaire.
Par ailleurs, les poursuites engagées contre les douze autres prévenus – fonctionnaires, élus et entrepreneurs – portent sur des faits de participation à l’appropriation et au détournement de fonds publics, violation de la loi organique des collectivités territoriales, émission de bons de commande à des sociétés dont les activités ne couvraient pas les prestations commandées, subventionnement d’associations jugées douteuses et acquisition de biens immobiliers dans des conditions entachées de conflits d’intérêts et d’irrégularités juridiques.
Selon l’ordonnance de renvoi, Simo est soupçonné d’avoir détourné des fonds publics pour un montant supérieur à 100.000 dirhams, en contradiction avec les articles 129, 241 et 245 du Code pénal.
