Affaire “Escobar du Sahara” : Saïd Naciri dément toute implication d’Abdellatif Ouahbi

Accusé dans le cadre du dossier “Escobar du Sahara”, l’ancien président du Wydad, Saïd Naciri, a réfuté, vendredi devant la Cour d’appel de Casablanca, toute implication du ministre de la Justice, Abdellatif Ouahbi. Cette mise au point intervient après la diffusion d’un enregistrement dans lequel il évoquait une demande de transfert du principal accusé, Hadj Ahmed Ben Brahim, vers le Mali, en affirmant que “la demande d’extradition est en préparation”.

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Saïd Naciri, ex-président du Wydad et du Conseil préfectoral de Casablanca, est incarcéré dans le cadre de l'affaire "Escobar du Sahara". Crédit: DR

Selon Alyaoum24, interrogé par le juge sur l’identité des personnes à l’origine de la demande d’extradition, Saïd Naciri, ancien président du Wydad Athletic Club et ex-cadre du Parti authenticité et modernité (PAM), a affirmé que Fadwa Azirar, coaccusée dans l’affaire, avait prétendu que le ministre de la Justice Abdellatif Ouahbi allait s’en charger, tout en précisant que le nom du ministre ne figure pas dans les transcriptions des écoutes.

Lors de son audition, Naciri est revenu sur sa relation avec Fadwa Azirar, expliquant qu’elle s’était présentée à lui comme l’épouse du principal accusé, mère d’un enfant en situation de handicap, et en détresse. Elle lui aurait demandé de l’aide, tant sur le plan matériel que pour organiser l’extradition vers le Mali. Croyant que Fadwa était l’épouse du détenu, Naciri a toutefois indiqué avoir appris par la suite qu’il s’agissait d’une relation extra-conjugale.

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Il a ajouté que le principal accusé Hadj Ahmed Ben Brahim lui avait, lui aussi, demandé d’intervenir pour un transfert vers le Mali.

L’accusé indique avoir agi sans motivation financière

Justifiant son implication, Naciri a déclaré avoir agi par pur souci humanitaire, précisant que l’aide n’avait donné lieu à aucune contrepartie.

Enfin, il a confié que Fadwa avait entreposé des affaires dans un appartement à Mohammedia, qu’il lui avait proposé comme solution temporaire, tout en s’engageant à lui verser 10.000 dirhams par mois. Il a précisé avoir changé les serrures par la suite.

Saïd Naciri est poursuivi pour plusieurs chefs d’accusation graves, dont falsification de documents officiels, escroquerie, trafic d’influence lié à son mandat électif, ainsi que participation à des opérations suspectes impliquant détention, transport et tentative d’exportation de drogues.

Il est également accusé d’avoir exercé des pressions et des menaces pour obtenir de faux témoignages et d’avoir participé à des délits liés aux transactions financières illicites en devises étrangères.

Un vaste réseau criminel présumé

L’affaire dite de “Escobar du Sahara” implique un vaste réseau criminel présumé, soupçonné de trafic international de drogue, de blanchiment d’argent et de corruption à grande échelle, dont les ramifications s’étendraient à des figures influentes du monde politique, administratif et sportif.À la tête de ce réseau se trouverait Hadj Ahmed Ben Brahim, trafiquant notoire, surnommé “l’Escobar du Sahara”.

L’enquête, menée par la Brigade nationale de la police judiciaire (BNPJ) a donné lieu à plusieurs arrestations, dont celle de Saïd Naciri.

Ancien président du Wydad et ex-député, ce dernier est accusé d’avoir joué un rôle de facilitateur grâce à ses réseaux politiques, et d’avoir tenté, selon l’accusation, d’influencer des procédures judiciaires en faveur du trafiquant. Le dossier a suscité une forte attention médiatique, notamment en raison de la personnalité des mis en cause et de la sensibilité des accusations portées contre eux.