Seules 33% des Marocaines détiennent un compte bancaire, avertit la CESAO

La Commission économique et sociale des Nations unies pour l’Asie occidentale (CESAO) sonne l’alarme : au Maroc, seules 33 % des femmes disposent d’un compte bancaire ou d’une application financière, contre 56 % des hommes, soit un écart de 23 points.

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Image d'illustration générée par IA. Crédit: IA/Reve.Art

Le rapport publié dans la Revue annuelle des Objectifs de développement durable 2025 rappelle qu’environ 60 % des adultes du monde arabe demeurent hors du système financier formel, freinant l’autonomisation économique des femmes, des ruraux, des personnes handicapées, des jeunes et des réfugiés.

Dans la région, le Maroc figure parmi les pays où la fracture de genre est la plus large, aux côtés de l’Algérie (écart de 26 points). Faute de données actualisées, la situation des femmes reste floue en Libye et en Mauritanie, où l’instabilité politique entrave la collecte statistique.

À l’inverse, l’Égypte a fait bondir la proportion de femmes bancarisées de 19 % en 2016 à 69 % fin 2024, réduisant l’écart à 12 points grâce à une stratégie nationale d’inclusion financière lancée en 2022 dans le cadre de la Vision 2030. En Tunisie, l’institution de micro-finance Enda Tamweel est citée comme modèle d’accès des ménages à faibles revenus, même si le rapport ne fournit pas encore de chiffres consolidés.

Malgré l’essor des portefeuilles numériques, l’étude pointe un faible usage des smartphones et un déficit de culture financière — obstacles qui pénalisent surtout les femmes et les habitants des campagnes.

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La CESAO rappelle que l’inclusion financière est indispensable pour atteindre les Objectifs de développement durable : seuls 18 % d’entre eux progressent actuellement dans la région.

Elle préconise de simplifier l’ouverture de comptes, élargir le micro-crédit, renforcer les infrastructures numériques, promouvoir l’éducation financière et déployer des identités numériques interopérables, tout en intégrant systématiquement la dimension genre et handicap dans les politiques publiques.