Selon Alyaoum24, en réponse aux commentaires de plusieurs conseillers parlementaires sur la restriction des libertés syndicales dans certaines entreprises industrielles, Ryad Mezzour a déclaré que les industries qui réussissent dans le royaume sont celles qui ont des syndicats forts, car il y a une représentation des travailleurs, et des négociations entre les syndicats et l’administration.
Pour lui, cela est dû au fait que le travailleur cherche essentiellement à renforcer l’institution où il travaille et à la préserver. Il a ajouté : “C’est une conviction profonde pour nous et nous nous opposerons à quiconque ne la respecte pas.”
Une sortie qui vient une semaine après l’adoption le 5 février dernier, par la majorité au niveau de la Chambre des représentants, en deuxième lecture du projet de loi organique n° 97.15 fixant les conditions et modalités d’exercice du droit de grève. Une réécriture de ce texte de loi, qui a déclenché une levée de boucliers au niveau des centrales syndicales, qui a culminé avec l’annonce d’une gréve générale de 48 heures, qui n’a finalement eu aucune incidence sur la procédure législative.
Le projet de loi a été approuvé par 84 voix, tandis que 20 députés ont voté contre, sans aucune abstention.
Intervenant lors de cette session, le ministre de l’Insertion économique, de la Petite entreprise, de l’Emploi et des Compétences, Younes Sekkouri, a passé en revue les étapes franchies par le projet de loi ainsi que le large débat l’ayant accompagné notamment avec les partenaires sociaux et au sein des deux chambres du Parlement, soulignant que ce texte organique renferme des dispositions « importantes et fondamentales ».
Parmi ces dispositions, a poursuivi le ministre, figure l’inclusion des droits indirects dans l’article premier du projet de loi, qui stipule qu‘ »en cas de litige entre les dispositions législatives dans le cadre de l’ensemble de la législation en vigueur, la primauté est accordée aux travailleurs et aux organisations syndicales ».
Le ministre a affirmé, dans ce sens, que cette disposition est « essentielle et fondamentale » et reflète une orientation claire selon laquelle le droit de grève ne peut en aucun cas être entravé.
Sekkouri a également évoqué la précision de la définition de la grève de manière conforme à celle établie par l’Organisation internationale du travail (OIT), ainsi que la garantie de l’exercice du droit de grève pour la défense des intérêts indirects des travailleurs, en plus de leurs intérêts directs. Ainsi, la grève solidaire et politique est désormais explicitement reconnue par la loi.
Et le ministre d’ajouter qu’il a également été précisé que l’un des motifs de la grève est la défense des intérêts moraux des grévistes et non seulement de leurs intérêts matériels, faisant remarquer qu’en vertu de l’article 4 du projet de loi, le droit de grève s’étend désormais à tous les professionnels, y compris les travailleurs domestiques, les travailleurs indépendants et les non-salariés.
De plus, « l’employeur n’a plus la possibilité, en vertu du projet de loi, d’entraver le droit de grève, sous peine d’amendes pouvant atteindre 200.000 dirhams », a-t-il argué.
Le premier jour de la grève générale au Maroc, les 5 et 6 février, initiée par plusieurs centrales syndicales en protestation contre le projet de loi encadrant le droit de grève, a été marqué par une forte mobilisation dans de nombreux secteurs.
Les premiers bilans syndicaux confirment une participation élevée à cette grève, qui concerne aussi bien la fonction publique que le secteur privé. Selon l’Union marocaine du travail (UMT), qui revendique un taux de participation moyen de 84,9%, l’adhésion des travailleurs a été “au-delà des attentes”, touchant l’ensemble des régions et secteurs. “Malgré certaines pressions administratives et des tentatives de désinformation, l’engagement des travailleurs a permis d’imposer un véritable arrêt des activités dans plusieurs branches”, souligne le syndicat dans un communiqué publié à l’issue de cette première journée.
