Énergie : le Maroc produira du gaz liquéfié dès fin 2025

Le Maroc franchira une étape clé dans son développement énergétique avec la production, d’ici la fin de l’année 2025, de gaz naturel liquéfié (GNL). Cette avancée historique sera réalisée grâce à l’achèvement, par la société britannique Sound Energy, d’une unité de liquéfaction dans le cadre de l’exploitation du champ gazier de Tendrara, situé dans l’est du Royaume.

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En charge de l'exploitation du gisement de Tendrara, la société britannique Sound Energy avait annoncé que la production de gaz naturel devait avoir lieu début 2024 et que les premières recettes liées à cette exploitation devaient être perçues la même année. Crédit: Sound Energy

Selon Graham Lyon, directeur général de Sound Energy, interrogé par le média Asharq Business, les premiers essais de production devraient débuter dès l’été prochain, avant le démarrage officiel de la production commerciale à l’automne.

Graham Lyon, PDG de Sound Energy.Crédit: Sound Energy

Cette unité atteindra une capacité initiale d’environ 10 millions de pieds cubes (283.168 m3) par jour, avec une ambition à moyen terme d’augmenter cette capacité à 40 millions de pieds cubes (1.132.674 m3) par jour grâce au développement d’autres champs à proximité.

Actuellement, le Maroc produit moins de 100 millions de mètres cubes de gaz naturel par an, principalement issus de petits champs situés dans l’ouest du pays, dont les réserves s’épuisent progressivement.

Le Royaume, qui consomme environ un milliard de mètres cubes de gaz par an, dépend largement des importations pour combler ses besoins, notamment à travers un gazoduc reliant le pays à l’Espagne, permettant l’achat de GNL sur le marché international. Le champ gazier de Tendrara, considéré comme le plus grand gisement onshore du Maroc, est donc crucial pour réduire cette dépendance.

Selon Graham Lyon, le développement de cette infrastructure permettra au Maroc de diminuer ses importations tout en répondant aux besoins domestiques en gaz, utilisés principalement pour la production d’électricité, le séchage du phosphate, ainsi que dans les industries du fer et de la céramique.

Le gaz produit sera vendu à la société marocaine Afriquia Gaz, filiale du groupe Akwa, acteur majeur de la distribution des hydrocarbures dans le pays.

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Le champ de Tendrara s’étend sur une superficie de 133,5 kilomètres carrés, avec des réserves estimées à 10,67 milliards de mètres cubes. Depuis 2018, Sound Energy dispose d’une licence d’exploitation et a investi plus de 160 millions de dollars dans l’exploration et le développement du projet.

L’an dernier, la société britannique a vendu 55% de ses parts dans l’exploitation du champ à l’entreprise marocaine Managem, pour un montant de 45 millions de dollars. Cet accord a permis à Sound Energy de mobiliser des fonds pour poursuivre ses projets au Maroc. La répartition actuelle des parts dans le projet laisse 20% à Sound Energy, 55% à Managem et 25% à l’État marocain, représenté par l’Office national des hydrocarbures et des mines (ONHYM).

Outre le développement du champ de Tendrara, un gazoduc de 120 kilomètres sera construit pour un coût estimé à 400 millions de dollars. Ce pipeline reliera le gisement au gazoduc Maghreb-Europe, utilisé aujourd’hui dans le sens inverse pour importer du gaz depuis l’Espagne, après la rupture des relations diplomatiques avec l’Algérie en 2021.

Sound Energy prévoit de poursuivre ses investissements dans l’exploration gazière à l’est du Maroc, avec un budget estimé à 25 millions de dollars pour de nouveaux forages et études sismiques. Par ailleurs, l’entreprise affiche également des ambitions dans l’exploration de l’hydrogène blanc, une forme de carburant à faible teneur en carbone naturellement présente dans les roches.

Selon le Forum économique mondial, la demande mondiale en hydrogène pourrait atteindre 200 millions de tonnes par an d’ici 2050.