Affrontements à l’esplanade des mosquées : le chargé d’affaires du bureau de liaison d’Israël à Rabat convoqué

Le Maroc insiste sur la nécessité de s’abstenir de tout ce qui pourrait aggraver la situation dans les territoires palestiniens et les conséquences qui pourraient entraîner plus de tensions, a affirmé, ce 21 avril à Amman, le ministre des Affaires étrangères Nasser Bourita.

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David Govrin, ambassadeur chargé d'affaires d’Israël au Maroc. Crédit: Rachid Tniouni / TelQuel

L’intensification des pratiques honteuses et illégales à Al-Qods et dans la mosquée Al-Aqsa est due à la propagation de discours de haine malveillants par des individus et des groupes extrémistes qui prétendent avoir le droit à la mosquée bénie et au mur du Bouraq, bien qu’ils fassent purement partie du patrimoine islamique, selon la décision de l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) du 18 octobre 2016”, a souligné Nasser Bourita qui intervenait lors de la réunion d’urgence du Comité ministériel arabe chargé de l’action internationale face aux politiques et mesures israéliennes illégales à Al-Qods occupée.

Les travaux de la réunion d’urgence du Comité ministériel arabe chargé de l’action internationale face aux politiques et mesures israéliennes illégales à Al-Qods occupée se sont ouverts ce 21 avril à Amman, avec la participation du Maroc.Crédit: Maroc Diplomatie / Twitter

À cet égard, il a relevé que ce qui se passe à Al-Qods et dans la mosquée Al-Aqsa est le résultat inévitable de pratiques “provocatrices systématiques” qui se poursuivent tout au long de l’année et s’intensifient avec l’avènement du mois de ramadan.

“Une provocation manifeste envers tous les Arabes et musulmans”

Cette réunion d’urgence intervient alors que la cause palestinienne et Al-Qods en particulier éprouvent des circonstances difficiles en raison des “incursions et des graves attaques dont Al-Haram Al-Qodsi et la sainte mosquée Al-Aqsa sont témoins, et qui ont conduit à terroriser les fidèles en blessant et arrêtant des centaines d’entre eux”, a dit le chef de la diplomatie marocaine.

Le ministre a souligné que “la violation du statut juridique dans la ville d’Al-Qods et Al-Haram Al-Qodsi et les tentatives de légiférer la division temporelle et spatiale de la mosquée Al-Aqsa et de consacrer cette situation dans la réalité quotidienne sont inacceptables et doivent être arrêtées au service de la paix et de la stabilité”.

Il a ensuite indiqué qu’à la suite des récents événements survenus sur l’esplanade des mosquées, le chargé d’affaires du bureau de liaison d’Israël à Rabat a été convoqué pour être informé de la condamnation des attaques contre les fidèles à la mosquée Al-Aqsa et l’atteinte au caractère sacré de la mosquée.

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Nasser Bourita a également insisté sur le fait que la poursuite de tels actes “creuse encore le fossé entre les parties palestinienne et israélienne, compromet les mesures de confiance, constitue une provocation manifeste envers tous les Arabes et musulmans et attise les tensions extrémistes qui poussent à l’escalade et à plus de violence dans toute la région”.

Position arabe unifiée

Le diplomate marocain a appelé à ce que la position des pays arabes soit unifiée et “non entachée par des surenchères stériles” quant à l’importance d’entreprendre un effort diplomatique intense pour préserver la ville sainte d’Al-Qods en tant que “patrimoine commun de l’humanité, une terre de rencontre et un symbole de coexistence pacifique pour les adeptes des trois religions monothéistes”, comme affirmé dans l’appel d’Al-Qods signé par Mohammed VI et le Pape François à Rabat, le 30 mars 2019.

Il a aussi exprimé “sa profonde préoccupation et son regret après que le Conseil de sécurité de l’ONU n’a pas été en mesure d’adopter une résolution pour arrêter les actes de provocation et l’escalade dangereuse dans la ville d’Al-Qods” à la suite des incursions et des attaques répétées contre Al-Aqsa.

(avec MAP)