Mondial 2026 : le foot africain pris dans la “guéguerre” entre l’UEFA et de la FIFA

Un mondial peut-il proposer des matchs “sans intérêt” ?  Treize sélections, principalement africaines, ont condamné ces propos du représentant du foot européen, Aleksander Čeferin. Dans l'ombre de ce communiqué se cache son adversaire politique, le président de la FIFA Gianni Infantino.

Par

Patrice Motsepe, Gianni Infantino et Fouzi Lekjaa. Crédit: DR

Comment un commentaire lors d’une conférence en Slovénie a-t-il pu commander la réaction de 13 fédérations de football dans le monde ? Il faut dire que l’interviewé n’est pas n’importe qui : Aleksander Čeferin, président de l’Union des associations européennes de football (UEFA). Au lancement de la 23e Coupe du monde, le Slovène critique la formule à 48 équipes, soulevant un grand nombre de matchs “totalement inintéressants”. Il évoque certes le “droit des petits pays de vibrer au rythme de la Coupe du monde”, mais passé la justification un brin condescendante — et ironique pour le ressortissant d’un pays de deux millions d’habitants —, le mal est fait. Les 16 équipes qui bénéficient de cette extension ne seraient que des faire-valoir pour proposer davantage de matchs, sans rien changer aux qualifications. Mais à la date de son intervention n’avaient pas encore eu lieu le 2-2 endiablé entre l’Iran et la Nouvelle-Zélande ; le Cap-Vert n’avait pas encore tenu en échec les champions d’Europe pour sa première participation ; et la RDC n’avait pas encore fait suer les Portugais. Et ce n’est que la première journée.

“Čeferin a 48 raisons de se tromper”, titre So Foot. Et le média n’est pas le seul à réagir. 13 fédérations, dont 10 africaines comprenant le Maroc, ont émis un communiqué. “Pour nos pays, la qualification pour la Coupe du monde représente un exploit historique et la réalisation d’un rêve partagé par des générations”, répondent-elles. “La force du football réside dans son universalité” et “chaque nation qui se qualifie mérite le respect”, martèlent-elles. La posture de principe est posée. Elle n’oublie pas que le sport le plus populaire de la planète compte plus de sélections (211) que de pays (195). En un sens donc, une phase de poule à 48 ne constitue pas la version maximaliste de ce à quoi peut ressembler un Mondial représentatif du sport dans sa diversité. “Même si aujourd’hui c’est plus facile de se qualifier, la nouvelle formule montre l’universalité du football moderne”, abonde Nassim El Kerf, chroniqueur sportif à TelQuel.

La suite de cet article est réservée aux abonnés.
Soutenez un média indépendant et exigeant
  • Accédez à tous les contenus de TelQuel en illimité
  • Lisez le magazine en numérique avant sa sortie en kiosque
  • Accédez à plus de 1000 numéros de TelQuel numérisés
Déjà abonné ? Se connecter