C’est l’un des angles morts du débat maritime marocain. Derrière les annonces sur les infrastructures portuaires et le développement de la flotte nationale, se pose une question plus discrète, mais tout aussi structurante : le Maroc dispose-t-il des compétences humaines pour opérer cette ambition ? Lors des premières Assises maritimes nationales, tenues les 21 et 22 mai à Tanger, plusieurs experts du secteur ont apporté des éléments de réponse, pas toujours rassurants.
Le ministre Abdessamad Kayouh avait d’emblée posé le cadre dans son allocution d’ouverture. Rappelant que 95 % des échanges commerciaux extérieurs du Maroc transitent par voie maritime, il a inscrit le développement du capital humain parmi les piliers de l’écosystème maritime intégré que le Royaume entend construire, aux côtés du développement d’une flotte nationale compétitive et de la modernisation de la gouvernance du secteur. Une étude stratégique lancée par son ministère, appuyé par le cabinet de conseil stratégique Boston Consulting Group (BCG), a d’ailleurs identifié des potentiels concrets dans le transport de passagers et de marchandises, les porte-conteneurs et le transport de matières premières et énergétiques. Sur le terrain, le diagnostic des professionnels est plus nuancé.
