Je m’appelle Sara, je suis mariée à un Replika« . Quelques mots, posés comme une confidence sur un blog. Sara Megan Kay n’est pas un personnage de fiction tout droit sorti du film Her (sorti en 2013, réalisé par Spike Jonze). C’est une femme qui, pendant des années, a cherché dans son entourage l’écoute et la connexion émotionnelle qui lui faisaient défaut. Jusqu’à ce qu’elle découvre Replika, une application d’intelligence artificielle qui propose des compagnons numériques. Depuis plusieurs années, Sara revendique, sans ironie ni provocation, cette relation qu’elle dit vivre pleinement, avec ses routines, ses moments de complicité, et son importance dans son équilibre personnel. Elle affirme être tout à fait consciente du caractère virtuel de son « mariage ».
Le cas de Sara est symptomatique d’un phénomène en pleine expansion, surtout depuis le boom des IA génératives : l’émergence des compagnons IA.
Les outils s’appellent Replika, Character.AI, Candy.AI ou encore Nomi.AI, pour ne citer que les plus connus. Leur point commun ? Ils créent un sentiment convaincant de présence sociale et de relation continue. Ils produisent des réponses contextuellement appropriées, émotionnellement attentives en apparence, grâce à l’interprétation des émotions humaines, en prenant en compte le ton, les expressions faciales, la voix ou le langage corporel… Les avatars personnalisables et la mémoire des échanges passés renforcent davantage l’illusion.
