Pharmaciens : les oubliés de la réforme de la santé

Le Maroc n’a jamais eu autant de pharmacies. Et pourtant, des milliers d’entre elles suffoquent. Portrait d’un secteur pris en étau entre marges en chute libre, charges en hausse et réseau saturé.

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Surdensité, érosion des marges, absence de droit de substitution, ce sont les principales difficultés auxquelles doivent faire face les pharmaciens. Crédit: YASSINE TOUMI/TELQUEL

Il y a quelque chose de trompeur dans une pharmacie. La lumière y est stable, les rayons impeccables, les gestes précis. Tout semble y dire l’ordre, la continuité, la confiance. Pourtant, derrière cette façade de permanence, une angoisse sourde gagne une partie du réseau officinal marocain. Celle de professionnels qui continuent d’ouvrir chaque matin, sans être certains de pouvoir encore tenir longtemps.

Cette inquiétude, les pharmaciens l’expriment depuis des années. Mais avec l’avis sur l’état de la concurrence dans les marchés de la distribution des médicaments au Maroc, le Conseil de la concurrence lui a donné une portée institutionnelle. Le document ne relève pas seulement quelques dysfonctionnements périphériques. Il met en évidence une fragilité structurelle du modèle officinal, à travers la densification du réseau, l’érosion du chiffre d’affaires moyen par pharmacie, la compression des marges et l’absence de véritable reconnaissance économique de l’acte pharmaceutique.

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