Le gouvernement avait promis de prendre à sa charge, et à hauteur de 75%, le financement des campagnes électorales des candidats de moins de 35 ans. Chose promise, chose due. Jeudi 16 avril, le gouvernement a adopté, en conseil, le décret 2-26-311 élaboré par le ministère de l’Intérieur et qui fixe les conditions dans lesquelles les subsides publics seront versés à cette catégorie de candidats.
La barre de 2% des voix
Cette aide exceptionnelle est prélevée sur la totalité des subventions octroyées aux partis politiques à l’occasion des élections et dont le montant global sera fixé ultérieurement par le chef du gouvernement. Elle sera destinée aux candidats de moins de 35 ans au titre des listes locales et des listes régionales réservées exclusivement aux femmes. Les candidats concernés pourront se présenter au nom d’un parti, d’une union de partis ou en tant que sans appartenance politique (SAP). Pour les listes locales, la loi insiste sur l’obligation d’une alternance des deux sexes. Autrement dit un candidat puis une candidate ou vice-versa et ainsi de suite.
Mais il y a un autre élément et un verrou qui n’ont pas été bien expliqués au public. D’abord, l’aide promise par l’Etat aux candidats de moins de 35 ans ne sera versée qu’après le scrutin. L’autre condition est que pour bénéficier de l’aide publique, chaque liste de jeunes qui y prétend doit obtenir au moins 2% des voix des électeurs inscrits sur les listes électorales de la circonscription et là on parle bien de personnes inscrites sur ces listes et non pas des suffrages exprimés.
Et de la transparence à tous les étages
Mais ce n’est pas tout. Pour bénéficier de la subvention publique, le mandataire de chaque liste doit un ouvrir un compte bancaire dédié où doivent être détaillés les sources, les montants de financement et les dépenses engagées. Avec des justificatifs, le financement de la campagne doit être certifié par un expert-comptable agrée et transmis à la Cour des comptes. Cette juridiction, grâce au ministère de l’Intérieur, disposera déjà des listes éligibles à cette subvention spéciale. Une fois les comptes avalisés par la Cour des comptes, le mandataire de la liste adresse une demande au ministère de l’Intérieur pour encaisser le montant de la subvention et ce ministère devra effectuer un virement sur le compte bancaire de la liste dans un délai ne dépassant pas un mois.
Pour rappel, le gouvernement avait décidé, fin mars dernier, de relever le plafond du financement de la campagne électorale pour chaque candidat en le faisant passer de 500.000 à 600.000 dirhams.
Les prochaines élections législatives auront lieu le 23 septembre. La campagne électorale va commencer le 10 septembre à 00H00 pour prendre fin le 22 du même mois à minuit.
