Motsepe au Maroc : “Je suis fatigué de répondre aux questions sur cette finale”

Après une étape à Dakar, le président de la CAF a fait escale au Maroc pour rencontrer Fouzi Lekjaa et tenir une conférence de presse. Visiblement épuisé par trois mois de polémique autour de la finale de la CAN 2025, Patrice Motsepe a voulu jouer l'apaisement, renvoyant au TAS le soin de trancher définitivement sur le titre attribué au Maroc sur tapis vert.

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Patrice Motsepe, président de la CAF, samedi 20 décembre 2025, à Rabat. Crédit: Rachid Tniouni / TelQuel

Le président de la Confédération africaine de football (CAF), Patrice Motsepe, a tenu ce jeudi soir une conférence de presse au Complexe Mohammed VI de football, à Salé, à l’issue d’une journée de réunions avec le président de la Fédération royale marocaine de football (FRMF), Fouzi Lekjaa, et plusieurs figures du football marocain. L’occasion pour le dirigeant sud-africain de revenir sur la finale de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) 2025, disputée à Rabat le 18 janvier dernier et remportée par le Maroc sur tapis vert (0-3) contre le Sénégal.

D’emblée, Motsepe a fait part de sa « grande déception face à certains problèmes survenus lors de cette finale », tout en affichant une lassitude à peine voilée. « Je suis fatigué de devoir répondre, depuis trois mois, aux questions des médias sur ce match », a-t-il lâché, précisant que ces difficultés étaient « désormais entre les mains du TAS ». « Les problèmes liés à la finale appartiennent au passé ou, comme on peut le dire, sont mis de côté », a-t-il insisté, affirmant que la CAF, forte de ses 54 associations membres, ne tolérerait jamais la corruption et continuait de consolider sa position éthique et financière.

Des « accusations infondées »

Interrogé sur la légitimité du titre marocain et sur le silence de la CAF face aux célébrations sénégalaises, qui ont vu les Lions de la Teranga parader avec le trophée au Stade de France, puis à Dakar, malgré la décision du jury d’appel attribuant le titre au Maroc sur tapis vert, Motsepe a dénoncé des « allégations fausses et infondées ».

« Je n’en peux plus de perdre mon temps à répondre à des accusations répétées sans fondement », a-t-il déploré. Il a expliqué que la directive interne était de « ne pas faire de déclarations » tant que la procédure était en cours, et que son rôle était de veiller à ce que la CAF agisse légalement, éthiquement et conformément aux statuts en vigueur.

Le président de la CAF s’est dit aussi « fier » de l’organisation de la CAN 2025 sur le sol marocain, saluant « la sécurité, la logistique, le transport, les hôtels, les terrains de football, les hôpitaux », mais aussi, « la chaleur, l’hospitalité et l’amour du peuple marocain ».

Motsepe a par ailleurs annoncé que la CAF avait engagé des réformes concrètes pour renforcer l’équité et la crédibilité de ses compétitions, notamment par des modifications des statuts, des règlements et des sanctions mieux proportionnées aux infractions constatées. « Nous avons appris et identifié qu’il y avait certaines choses que nous aurions pu faire différemment et mieux », a-t-il poursuivi.

Appel à l’unité

Sur l’issue judiciaire du dossier, Motsepe s’est voulu rassurant. « Après le verdict du TAS, nous pourrons parler plus ouvertement. Je suis confiant que le football africain ira bien », a-t-il assuré.

Interrogé enfin sur son rôle de médiateur entre les supporters des deux pays dont les relations se sont tendues depuis la finale, le président de la CAF a répondu : « Je dois me concentrer sur le football. Je n’ai pas d’autorité ou de pouvoir réel. Mais ce qui me rend fier, c’est l’histoire profonde entre le peuple du Sénégal et le peuple du Maroc ». Avant de conclure sur un appel adressé à la jeunesse du continent : « Nous voulons envoyer un message aux jeunes Africains, aux jeunes Sénégalais et aux jeunes Marocains : nous ferons tout pour bâtir sur leurs relations et leur unité ».