Guerre au Moyen-Orient : le trafic aérien continue de trinquer

Dès le déclenchement des hostilités au Moyen-Orient, le trafic aérien de et vers les pays de la région a été sérieusement perturbé et le Maroc n’est pas en reste. Le point au 3ème jour du conflit.

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Dès le samedi 28 février, jour où ont débuté les raids israélo-américains contre l’Iran, le trafic aérien a été très affecté. Lors du week-end, Royal Air Maroc (RAM) a ainsi annulé deux vols Casablanca-Doha et un troisième vol Casablanca-Dubaï.

Selon des sources en interne, cette situation n’est pas près de s’améliorer et dépendra des évolutions sur le terrain dans les prochains jours, Voire les prochaines heures.

Résultat des courses, les vols RAM vers le Qatar et les Emirats restent suspendus jusqu’à nouvel ordre. Il s’agit d’un vol quotidien desservant Doha et de trois vols reliant la capitale économique du Maroc et Dubaï. « Le vol RAM Casablanca-Dubaï de ce mardi à 2 heures du matin reste incertain à 96% », explique une source au sein de la compagnie nationale.

Cette suspension des vols à partir du hub casablancais implique que les vols retour sont également suspendus. Notons également que les avions des compagnies Qatar Airways (un vol quotidien) et Emirates sont cloués au sol.

Quel manque à gagner cela ferait-il pour RAM ? « Difficile et très prématuré à quantifier pour le moment », répond une source à la compagnie aérienne nationale.

Cas de force majeure, la Omra épargnée

Dans ce cas de figure, quels engagements RAM devrait-elle honorer envers ses clients, au Maroc comme ceux retenus dans d’autres destinations du Moyen-Orient. Un conflit armé étant classé dans la catégorie « force majeure », la compagnie nationale n’est pas obligée d’héberger momentanément ses passagers, leur assurer le couvert ou leur trouver d’autres solutions. La seule obligation à laquelle est soumise est d’assurer le vol après un retour à la normale. Et encore : cela se fera de manière progressive et selon un planning qu’elle devra mettre en place.

Cependant, et en attendant les prochaines évolutions de la situation, il n’y a pas de répercussions sur les vols utilisés pour transporter et rapatrier les Marocains qui s’acquittent de la Omra (petit pèlerinage) aux Lieux Saints en Arabie Saoudite.

Des centaines de milliers de personnes bloquées

Selon les médias occidentaux et les agences de presse, on recense à ce jour plusieurs centaines de milliers de personnes bloquées aux quatre coins du monde. Il ne s’agit pas uniquement des passagers qui ont le malheur de se trouver au mauvais endroit et au mauvais moment, en l’occurrence dans les pays directement concernés par le conflit et qui ont fermé leurs espaces aériens respectifs. Mais aussi de ceux bloqués dans des pays d’Asie faute de pouvoir emprunter des escales dans les principaux hubs du Moyen-Orient : Dubaï et Abu Dhabi aux Emirats et Doha au Qatar. Dans le sens inverse, des ressortissants de pays asiatiques ne peuvent pas rentrer chez eux faute de pouvoir utiliser les mêmes escales via les mêmes hubs.

Selon le site spécialisé Flighradar24, on compte 2.800 vols annulés au premier jour du conflit, 3.156 le 1er mars, et 1.239 à la matinée de ce lundi 2 mars.

Une capture d’écran du site spécialisé Flightradar24, montrant le vide dans les espaces aériens des pays du Moyen-Orient.

Ces centaines de milliers de passagers bloqués sont toujours incertains quant à l’issue de leur périple qui tourne au cauchemar avec des solutions provisoires pour les plus chanceux : aux Emirats arabes unis, les autorités ont ordonné aux hôteliers de continuer à héberger les étrangers qui ne peuvent pas quitter le pays, l’Etat allant passer à la caisse.