Maroc – Cameroun : un pas de géant

Les Lions de l’Atlas avaient rendez-vous avec l’histoire ce vendredi soir à Rabat. Dans un complexe Moulay Abdellah à guichets fermés, bouillonnant, ils ont fait le nécessaire face au Cameroun et ses cinq étoiles, avec un match XXL dans tous les compartiments de jeu, pour valider leur ticket pour le dernier carré, une première depuis 2004.

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Rachid Tniouni / TelQuel

Il n’en fallait pas plus pour motiver les Lions de Walid Regragui. Un adversaire un cran au-dessus de ceux qu’on a affrontés depuis le début de la compétition, assez bon pour motiver les troupes à sortir leur meilleure entame de match depuis le Mondial 2022 et l’épopée du Qatar.

Présents sur tous les ballons, même les plus difficiles, les Lions de l’Atlas ont dominé les Indomptables au sol, dans les airs et même dans les courses. En terme d’intensité, le Maroc a mis le paquet pour vite emballer le match. Parce que dominer ne veut pas dire gagner, Brahim Diaz, encore lui, a surgi au deuxième poteau après un corner bien dévié par El Kaabi, pour marquer son 5ᵉ but de la compétition et récompenser les efforts des siens.

Une ouverture du score méritée, qui vient à point à la 26ᵉ minute de jeu pour maintenir le cap et la pression sur un adversaire dépourvu de solutions. Aucun tir cadré pour les Camerounais qui ont pourtant essayé de se rapprocher, en vain, coupés par des fautes techniques ou des anticipations marocaines.

Pour ces quarts, Walid n’a pas cherché à innover. Il a pris les mêmes que lors du match contre la Tanzanie pour recommencer… en mieux. Et, cette fois, la sauce a pris. Comme si ses joueurs étaient surmotivés par l’enjeu. Ils ont grandi face aux grands lors d’une mi-temps rassurante, avant de rejoindre les vestiaires, déterminés à faire mieux.

Une seconde manche tout en maîtrise

Il fallait revenir avec la même intensité. Ils l’ont fait. Le discours a eu son effet, les Marocains sont revenus avec le même état d’esprit, en conquérants pour aller au bout de la CAN. Le message est passé, les adversaires sont prévenus, une nouvelle compétition commence, sans doute, sans fragilité.

Sans pour autant se montrer dangereux, les Lions ont tenté de maîtriser le jeu en le prenant à leur compte, mais également en mettant le pied même là où c’est risqué. On recherche la faille, sans se jeter, en sécurisant derrière d’abord pour éviter toute surprise au retour des vestiaires.

El Aynaoui gagne ses duels au milieu, fait les courses nécessaires et les Indomptables tentent de suivre, de presser, en vain. Baleba, leur maître à jouer est souvent pressé par deux Marocains, le privant d’avoir le jeu en face. C’était déjà la moitié du danger camerounais qui était maîtrisée. De l’autre côté, le second danger était cerné par Noussair Mazraoui qui a bien cadré Bryan Mbeumo, son coéquipier en club, sous les acclamations d’un stade en ébullition, sur le moindre tacle, la moindre anticipation.

À l’heure de jeu, David Pagou sacrifie sa défense à cinq pour tenter un coup de poker en faisant entrer Kevin Nkoudou devant. Quelques secondes plus tard, le Maroc s’offre une occasion de doubler la mise par El Kaabi, sauvée sur la ligne par la défense camerounaise.

Sur le banc marocain, Walid temporise avant la 65ᵉ minute et un double changement. Amrabat arrive en renfort au milieu pour remplacement El Khannouss. El Kaabi est remplacé par Youssef En-Nesri sous les applaudissements. Le ton est donné. On ira pas chercher plus, on attendra pour piquer en transitions.

Tout roule à merveille. A 15 minutes de la fin de match, après un coup de pied arrêté mal repoussé par la défense camerounaise, Ismael Saibari, héroïque ce soir, est bien placé au second poteau pour crucifier Epassy, le portier adverse pour le 2-0. Le stade exulte, les Lions posent un deuxième pied en demi-finale et attendent, dans la gestion, la fin du match.

Intensité, combativité. Deux mots pour résumer la fin du match de nos Lions de l’Atlas, déterminés à plier le match avec un troisième but.

Sans trembler, le Maroc passe à cinq derrière pour les dernières minutes avec Amrabat qui tombe entre Masina et Aguerd, Oussama Targhalline est entré, avec Soufiane Rahimi qui a remplacé Ezzalzouli. Regragui ferme boutique, pas de place pour la moindre surprise. Barricader pour finir en beauté, un air de 2022.

2-0 score final, les Indomptables ne le sont plus. Les Lions de l’Atlas sortent sous les applaudissements, couverts d’encouragements et de louanges. Un pas de géant en vue du sacre, cap sur les demis, ce sera l’Algérie ou le Nigéria, mais le match référence est là. Il faudra faire pareil, ou mieux, pour être là en finale, le 18 janvier.