La stratégie “Maroc Digital 2030” place la confiance numérique au cœur de la transformation du pays. Cette confiance repose sur des infrastructures sécurisées et une gouvernance rigoureuse de la donnée, mais également sur la montée en puissance d’un tissu entrepreneurial capable de produire des solutions souveraines répondant aux besoins stratégiques du Royaume.
Dans ce contexte, le secteur privé joue un rôle structurant. Startups, PME technologiques, entreprises de services numériques et groupes internationaux contribuent à l’émergence d’un modèle marocain fondé sur la fiabilité, l’innovation et la sécurité.
Le marché voit ainsi se développer des solutions locales dans des domaines essentiels tels que la cybersécurité, le cloud souverain, la gestion intelligente des données, la supervision des infrastructures critiques ou encore l’intelligence artificielle appliquée aux services publics et à l’économie. Cette capacité à concevoir et déployer des technologies souveraines consolide non seulement l’autonomie numérique du pays, mais renforce également la confiance des institutions, des entreprises et des citoyens.
PPP et mécanismes de soutien
La dynamique est renforcée par la multiplication d’initiatives d’innovation et par un ensemble de partenariats public-privé (PPP) permettant d’aligner les priorités nationales avec les compétences du marché. Les chantiers structurants menés par l’État – digitalisation des services publics, déploiement d’infrastructures cloud hybrides souveraines, gouvernance avancée de la donnée, développement d’une intelligence artificielle responsable – bénéficient de l’implication des acteurs privés.
Cette dynamique repose également sur deux parcours stratégiques portés par le ministère de la Transition numérique et de la Réforme de l’administration, et destinés à structurer durablement l’écosystème de l’innovation. Le parcours “Venture Capital” (Offre Startup VC), qui bénéficiera d’une enveloppe de 450 millions de dirhams, vise à élargir l’accès au financement en développant l’industrie du capital-amorçage et du capital-risque au Maroc, en consolidant les fonds existants et en encourageant la création de nouveaux fonds dédiés aux startups technologiques.
En parallèle, le parcours “Venture Building” (Offre Startup VB), qui bénéficiera d’une enveloppe de 750 millions de dirhams, propose un accompagnement intensif aux porteurs de projets établis au Maroc pour leur permettre de développer leurs solutions, tester un modèle économique viable et déployer leurs activités à l’échelle, avec un appui financier conçu pour maximiser les chances de succès. “Ensemble, ces deux mécanismes soutiennent l’émergence de startups capables de proposer des solutions souveraines et maîtrisées, contribuant directement à la souveraineté et à la confiance numériques du Royaume”, indique la ministre déléguée auprès du chef du gouvernement, chargée de la Transition numérique et de la Réforme de l’administration Amal El Fallah Seghrouchni.
L’organisation de grands événements internationaux, comme GITEX Africa à Marrakech, dont la quatrième édition se tiendra en avril prochain, offre également “une vitrine stratégique aux startups marocaines, en leur permettant de rencontrer des investisseurs et d’accéder à de nouveaux marchés”, souligne la ministre. L’année dernière, le ministère a par exemple soutenu plus de 200 startups en prenant en charge jusqu’à 95% de leurs dépenses de participation à l’événement. “Cette dynamique se poursuit cette année, avec l’ambition d’accompagner près de 300 startups et de renforcer encore davantage l’internationalisation des solutions marocaines”, précise la ministre.
Structuration et montée en gamme
La structuration de la filière est également soutenue par le rôle essentiel de la Fédération marocaine des technologies de l’information, des télécommunications et de l’Offshoring (APEBI), qui fédère les acteurs, facilite la concertation avec les pouvoirs publics et accompagne la montée en compétences des entreprises. Par ses actions, elle contribue à instaurer un environnement propice à l’investissement, à l’innovation et à la création d’acteurs technologiques capables de répondre aux besoins nationaux.
Dans cette logique de structuration et de montée en gamme de l’écosystème numérique, le Royaume a également franchi une nouvelle étape avec la publication de la circulaire relative à la nouvelle Offre Offshoring Maroc. Alignée sur la stratégie “Maroc Digital 2030”, cette circulaire redéfinit le positionnement du Maroc sur les métiers de l’externalisation à haute valeur technologique. Elle oriente l’offshoring vers des services numériques avancés, fondés sur le capital humain, l’innovation et des plateformes intégrées modernes, tout en renforçant l’attractivité du pays auprès des grands donneurs d’ordre internationaux.
En s’appuyant sur un réseau de plateformes industrielles intégrées dédiées, une gouvernance renforcée et un cadre incitatif compétitif, cette circulaire consolide le rôle de l’offshoring comme moteur de création d’emplois qualifiés, de diffusion des compétences numériques et d’ancrage territorial de la transformation digitale.
Parallèlement, le Maroc attire chaque année davantage d’investissements technologiques, misant notamment sur sa stabilité et la vitalité de son marché numérique. Ainsi, des grands groupes internationaux choisissent le Royaume pour développer des solutions cloud, IA, cybersécurité ou data analytics, tandis que les hubs régionaux – Casablanca, Rabat, Benguerir, Beni Mellal, Nador et Dakhla – se renforcent comme pôles d’innovation intégrés. L’ouverture, en juin 2025, du centre de recherche et développement d’Oracle à Casablanca, par exemple, accueillera jusqu’à 1000 ingénieurs marocains et permettra de développer des solutions cloud et d’intelligence artificielle de pointe destinées au marché africain, au Moyen-Orient et au-delà. Enfin, l’accent mis sur la montée en compétences des talents par les établissements d’enseignement supérieur, les instituts spécialisés et les initiatives conjointes entre public et privé, vise à alimenter cette dynamique.
