Cloud souverain : un nouveau territoire de la confiance numérique

Avec sa politique “Cloud first”, le Maroc fait le pari du numérique souverain. En déployant un Cloud national, le Royaume veut conjuguer innovation et protection. L’enjeu : créer un cadre fiable, respectueux des données et porteur de croissance responsable.

Par

Avec sa politique “Cloud first”, le Maroc fait le pari du numérique souverain. En déployant un Cloud national, le Royaume veut conjuguer innovation et protection. L’enjeu : créer un cadre fiable, respectueux des données et porteur de croissance responsable. Crédit: DR

Le Cloud souverain est devenu le socle de la transformation numérique du pays. Placé au cœur de la stratégie “Maroc Digital 2030”, il vise à moderniser l’État en rendant les services publics plus accessibles, plus rapides et plus interopérables. La donnée publique y est considérée comme un actif stratégique, dont la gestion sécurisée et la valorisation conditionnent la performance et la résilience de l’économie nationale. La migration progressive des systèmes vers des environnements Cloud gérés au Maroc permet ainsi de renforcer la continuité des services, d’améliorer l’expérience des citoyens et d’augmenter l’efficacité opérationnelle.

Données protégées

La feuille de route Cloud 2025-2030 encadre cette transformation. Elle prévoit une architecture de référence nationale fixant des standards communs en matière de cybersécurité, de gestion des identités, de portabilité et de traçabilité des données. Cette harmonisation ambitionne de mettre fin à la fragmentation des systèmes, renforcer la transparence institutionnelle et installer une gouvernance numérique unifiée. Le décret n° 2-23-1047, qui impose que les données sensibles demeurent hébergées sous juridiction marocaine, constitue un des piliers de ce modèle, garantissant la protection du patrimoine informationnel national face aux risques cyber et aux enjeux géopolitiques.

Sur le terrain, des projets témoignent de l’accélération de cette ambition. Le 14 novembre à Dakhla, la signature, par la ministre déléguée auprès du chef du gouvernement, chargée de la Transition numérique et de la Réforme de l’administration, Amal El Fallah Seghrouchni, la ministre de la Transition énergétique et du Développement durable, Leila Benali, le wali de la région Dakhla-Oued Eddahab, Ali Khalil, et le président du Conseil régional Yanja El Khattat, de la convention du projet “Igoudar Dakhla” marque le lancement d’un méga data center de 500 MW alimenté exclusivement par des énergies renouvelables.

Ce futur centre permettra d’héberger des services Cloud souverains, d’offrir des capacités de calcul avancées et d’accompagner l’essor de l’intelligence artificielle au Maroc et en Afrique. “La mise en place du cloud souverain, la montée en puissance des data centers nationaux et l’hébergement local des données critiques renforcent notre indépendance technologique”, souligne la ministre de la Transition numérique et de la Réforme de l’administration, Amal El Fallah Seghrouchni.

“La montée en puissance de la 5G, du cloud souverain et des data centers verts crée des opportunités industrielles inédites”

Amal El Fallah Seghrouchni, ministre de la Transition numérique

L’implication conjointe de l’État, des acteurs technologiques, des universités et des investisseurs contribue également à structurer l’écosystème. Avec des infrastructures numériques fiables et une énergie verte compétitive, le Maroc peut ainsi aspirer à devenir une destination idéale pour l’implantation de datacenters régionaux. “La montée en puissance de la 5G, du cloud souverain et des data centers verts crée des opportunités industrielles inédites”, note encore la ministre. Cette dynamique permet également de renforcer l’autonomie numérique du pays tout en consolidant son positionnement dans les chaînes de valeur internationales.

En intégrant souveraineté, durabilité, innovation et attractivité territoriale, le Maroc souhaite ainsi bâtir un modèle africain de Cloud souverain s’inscrivant dans le long terme et ouvrant la voie à une administration plus agile, à une économie plus compétitive et à un leadership digital régional assumé.