Lorsque le député PAM Ahmed Touizi accusait fin octobre certaines minoteries de « moudre du papier » et de détourner 16 milliards de dirhams de subventions, il n’a fait qu’enflammer un dossier déjà brûlant. Ses déclarations avaient alors provoqué un tollé politique et médiatique et mis sous les projecteurs un secteur jusque-là discret, alors même que des enquêtes judiciaires visant plusieurs opérateurs étaient déjà en cours. En quelques jours, la farine nationale de blé tendre, pilier sensible de la sécurité alimentaire, était devenu l’objet d’un débat national sur la transparence et la régulation.
Mais le malaise est plus profond. Bien avant cette polémique, le Conseil de la concurrence s’était saisi d’office du marché meunier pour examiner un secteur fragilisé par une dépendance structurelle aux importations de blé, une surcapacité chronique, un marché fragmenté et des dispositifs de subvention inchangés depuis des décennies.
