Partout dans le monde, l’irruption des technologies de pointe bouleverse la manière de soigner. Simulation virtuelle, analyse massive de données, modélisation d’organes : autant d’outils qui dessinent les contours de ce que les experts appellent désormais la médecine 4.0, avec pour ambition de rendre les traitements plus précis et accessibles.
C’est dans cette dynamique qu’Akdital a choisi de s’allier à deux acteurs majeurs de l’innovation : Dassault Systèmes, référence mondiale en ingénierie 3D, et Long Island University (LIU), établissement américain reconnu pour son excellence en sciences de la santé. Ensemble, ils ambitionnent de faire du Maroc un centre d’excellence dans ce domaine émergent.
Des organes virtuels pour des soins réels
Concrètement, la médecine 4.0 permet de créer des jumeaux numériques d’organes – foie, cœur – afin de tester virtuellement des médicaments ou de simuler des chirurgies avant l’acte réel
Concrètement, la médecine 4.0 permet de créer des jumeaux numériques d’organes – foie, cœur – afin de tester virtuellement des médicaments ou de simuler des chirurgies avant l’acte réel. “Nous travaillons, par exemple, sur un double numérique du foie pour anticiper la toxicité d’un simple paracétamol, dont les effets varient selon le génome”, explique le Pr Mohammed Cherkaoui.
Le potentiel est considérable pour l’oncologie, priorité affichée d’Akdital. Le diagnostic précoce d’un cancer du sein, par exemple, peut augmenter de 60 % les chances de guérison. L’exploitation croisée de millions d’IRM, scanners et biopsies doit permettre de réduire les faux diagnostics et de rendre les thérapies plus efficaces et accessibles.

Pour le chercheur, la médecine 4.0 représente un véritable changement de paradigme. “L’intelligence artificielle n’est qu’un outil parmi d’autres. Ce qui compte, c’est la capacité à croiser les expertises et les données pour adapter chaque traitement au patient”, souligne-t-il.
Cette approche multidisciplinaire associe ingénieurs, cliniciens et biologistes autour d’un objectif commun : personnaliser la prise en charge en fonction du génome, de la morphologie et du parcours médical de chaque individu.
Une révolution pensée pour le patient
Au-delà des avancées techniques, cette collaboration traduit une vision sociétale: démocratiser l’accès à l’innovation et réduire les inégalités face aux soins. Comme le résume le Pr Cherkaoui, “il s’agit de bâtir un modèle où ingénieurs et médecins travaillent ensemble pour adapter chaque traitement à chaque patient”.
L’accord prévoit ainsi un transfert de compétences vers les équipes locales et la mise en place de programmes de formation continue, afin que ces technologies ne restent pas confinées aux laboratoires new-yorkais ou aux centres de recherche européens.
L’ambition est claire : inscrire durablement le Maroc dans le mouvement mondial de la médecine de précision, et faire en sorte que ses bénéfices touchent non seulement les grands centres hospitaliers, mais aussi, à terme, les patients des régions les plus éloignées.
