Casablanca : à Aïn Sebaâ, le terrain de la discorde qui a ébranlé le conseil de la ville

Lorsque les élus casablancais se sont réunis en session extraordinaire le 2 décembre, personne ne s’attendait à ce qu’une parcelle triangulaire de 1,3 hectare à Aïn Sebaâ cristallise toutes les tensions. Explications.

Par

Vue aérienne du terrain qui a ébranlé la session extraordinaire du conseil de la ville de Casablanca le 2 décembre 2025. Crédit: DR

Dans la salle de réunion principale de la wilaya, mardi 2 décembre, certains élus ont fait des déclarations laissant entendre que la commune de Casablanca avait été victime d’un transfert illicite de propriété au profit d’une société immobilière privée, présentée comme ayant subtilisé un bien communal. Le ton était grave, et plusieurs élus avaient insisté pour qu’on aborde le sujet avant de dérouler les points à l’ordre du jour du conseil de la ville.

Mais la réalité ne correspond que très partiellement au récit raconté en séance. Derrière les déclarations enflammées se cache une tout autre histoire. Pour la comprendre, il faut remonter aux origines du terrain, à ses propriétaires initiaux, et à la manière dont un classement urbanistique contesté a fini devant la justice. Il faut surtout reconstituer, pièce après pièce, l’enchaînement des actes administratifs qui ont nourri la polémique ces derniers jours.

Un récit politique séduisant… 

Dans la salle de réunion, Mostafa Haiker, chef du groupe du Parti de l’Istiqlal au conseil, a été le premier à allumer la mèche. “Nous voulons que la lumière soit faite sur ce transfert de propriété d’un foncier appartenant à la commune vers des opérateurs privés”, a-t-il lancé, interpellant son camarade au sein du même parti, Lhoucine Nasrollah, vice-président du conseil de la ville de Casablanca.

Devant ses collègues, Lhoucine Nasrollah a affirmé que la commune avait été lésée : le terrain, longtemps considéré, selon lui, comme propriété publique, aurait “glissé” dans le patrimoine d’une entreprise privée au terme d’une interprétation abusive d’un jugement de la Cour de cassation rendu le 11 mai 2017. Sa démonstration reposait sur un document précis : un certificat foncier sur lequel apparaît — pour un temps seulement, comme nous avons pu le vérifier sur les documents en notre possession — le nom de la commune comme propriétaire.

La suite de cet article est réservée aux abonnés.
Soutenez un média indépendant et exigeant
  • Accédez à tous les contenus de TelQuel en illimité
  • Lisez le magazine en numérique avant sa sortie en kiosque
  • Accédez à plus de 1000 numéros de TelQuel numérisés
Déjà abonné ? Se connecter