Le gouvernement vient de publier une nouvelle circulaire, dont les mesures s’appliquent depuis le 1er juillet 2025, qui transforme en profondeur le secteur de l’offshoring au Maroc. Un secteur que le texte définit ainsi : “la délocalisation de certaines activités et de certains process d’entreprises vers le Maroc”. L’objectif ? Hisser le Maroc parmi les plateformes mondiales les plus compétitives. La circulaire rappelle ainsi que le royaume dispose d’atouts de taille : “Sa position géographique privilégiée aux portes de l’Europe et au carrefour des marchés africains, la richesse de son capital humain multilingue et qualifié, la compétitivité de ses infrastructures technologiques et d’accueil, un climat des affaires en constante amélioration, et une stratégie d’accompagnement agile et alignée sur les standards internationaux”.
1- Un repositionnement stratégique majeur
Le Maroc ne considère plus l’offshoring comme une simple activité d’externalisation. La circulaire s’inscrit dans la stratégie Digital Morocco 2030, lancée en septembre 2024, avec l’ambition de faire du digital un vecteur de développement inclusif, qui génère de l’emploi qualifié et de la valeur technologique, mais qui permet aussi de développer de l’expertise digitale exportable en renforçant l’influence du Maroc dans les chaînes de valeur globales.
2- Une cartographie moderne des métiers
La circulaire identifie cinq grands domaines de l’offshoring, considérés comme autant de relais de croissance. Il s’agit d’abord des services liés à l’informatique, comme la gestion des systèmes, le développement de logiciels et la maintenance. Ensuite, la gestion de la relation client, qui regroupe l’accueil, le télémarketing et le traitement des réclamations. Puis viennent les services administratifs, suivis des activités d’ingénierie et de recherche. Enfin, la circulaire souligne l’importance des métiers stratégiques comme les études de marché, l’analyse de données, la publication spécialisée et les services juridiques externalisés.
Cette classification vise à créer des leviers de croissance. Le pays ne vise plus seulement les métiers du support ou du traitement d’appels, mais entend développer l’ingénierie, la recherche et le développement, l’analyse de données, les prestations juridiques et tout un ensemble d’activités à forte valeur intellectuelle.
3- Des incitations fiscales attractives
Deux mesures phares structurent l’Offre offshoring Maroc : un impôt sur le revenu plafonné à 20 %, voire 10 % dans les Plateformes industrielles intégrées (P2I) dites “secondaires”, comme Fès Shore, Oujda Shore et Tétouan Shore, ou dans toute future nouvelle P2I en dehors de Rabat et de Casablanca. Ces incitations marquent la volonté de positionner certaines régions sur la carte de l’offshoring, tout en consolidant des hubs déjà matures comme Casablanca ou Rabat.
La deuxième mesure fiscale concerne les sociétés. L’État s’engage à prendre en charge 56 % de l’impôt sur les sociétés. Pour bénéficier de ces avantages (en vigueur jusqu’au 31 décembre 2030), les demandeurs devront déposer leur dossier entre le 31 mars et le 31 mai de l’année suivant l’exercice.
4- Deux primes pour accélérer l’emploi et la formation
Une prime à l’emploi (17 % du revenu brut imposable annuel) et une prime à la formation (3,5 %) sont destinées à soutenir directement le recrutement et la montée en compétences de nouvelles recrues de nationalité marocaine. Ce dispositif vise à renforcer l’attractivité du secteur pour les jeunes diplômés et à permettre aux entreprises de recruter des talents. Les deux primes sont accordées suivant les mêmes conditions et formalités que celles applicables aux incitations fiscales.
5- Une nouvelle génération de zones dédiées : les P2I
Les Plateformes industrielles intégrées doivent désormais répondre à des standards plus stricts : des infrastructures télécoms de haut niveau, une offre immobilière flexible et diversifiée et des services mutualisés. Les P2I doivent également disposer d’un guichet unique qui simplifie les démarches administratives nécessaires à l’établissement de l’entreprise. Ce guichet aura pour mission, entre autres, d’accompagner et d’orienter les investisseurs. Les P2I doivent donc devenir des écosystèmes capables de faciliter l’installation et le fonctionnement des entreprises.
6- Une gouvernance renforcée pour piloter la transformation
La circulaire prévoit la création d’un comité de pilotage, présidé par le chef du gouvernement, et qui aura pour mission de définir les orientations stratégiques. Ce comité devra se réunir au moins une fois par an. Le volet opérationnel est confié au comité technique de l’offshoring, un organe présidé par l’autorité gouvernementale chargée de la transition numérique.
Avec cette offre ambitieuse, le gouvernement montre que, malgré la démocratisation des technologies basées sur l’IA, le secteur continue d’être perçu comme un pilier de croissance. “L’offshoring représente un gisement important de valeur ajoutée, porteur d’un fort potentiel en matière d’emploi et de diversification de l’économie nationale”, souligne le gouvernement dans la présentation de sa circulaire.
