À l’instar de la rue, l’océan est aussi un lieu où se reproduisent les rapports de genre. « Dans le line-up, cette zone d’attente des vagues où se jouent les codes du surf, les relations entre surfeuses et surfeurs révèlent des dynamiques de pouvoir, de respect, mais aussi de sexisme ordinaire », observe Abdelfattah Nacer Idrissi, enseignant-chercheur à l’Université Ibn Zohr d’Agadir.
Ce constat constitue le point de départ de son étude sur l’approche genre dans l’écosystème du surf marocain, menée à Taghazout et Tamraght. « On m’avait proposé cette thématique, et c’est par curiosité scientifique que je m’y suis intéressé », confie le professeur. Linguiste de formation, lui-même habitué des spots côtiers de la région, il s’est rapidement interrogé sur la place des femmes dans cet univers : « J’y voyais les surfeurs et les surfeuses, et cette présence féminine m’a interpellé. Quelle est la perception que l’on a de la surfeuse ? Quels sont les clichés, les a priori ? Je voulais aussi explorer le côté inclusion et développement social : est-ce que cette pratique devient, pour certaines femmes, une ressource ou même une source de revenu qui leur permet de vivre, voire de survivre ? ». Une recherche « finalement beaucoup plus sociologique et anthropologique que linguistique », reconnaît-il.
