Cameroun : âgé de 92 ans, 43 ans de pouvoir “féodal” à son actif, Paul Biya reconduit dans la colère

Le nonagénaire Paul Biya a été reconduit pour un huitième mandat présidentiel consécutif à la tête de la présidence camerounaise. Son opposant, Issa Tchiroma Bakary, conteste le résultat en apportant des chiffres alternatifs dans un climat de tension sociale.

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Paul Biya, président réélu pour un huitième mandat consécutif, aux côté d'Ali Bongo en 2017. Crédit: Ludovic MARIN / AFP

92 ans et toujours président. Sans discontinuer depuis 1982, le président du Cameroun Paul Biya vient d’être reconduit pour un nouveau mandat dans un contexte de tension sociale liée à l’absence de renouvellement de la vie publique. Arrivé au pouvoir la même année que Ronald Reagan aux Etats-Unis et François Mitterrand en France, Paul Biya a déjà connu deux rois du Maroc, et cumule désormais sept septennats complets et entame le huitième. S’il parvient à se maintenir jusqu’au terme de son mandat, il tutoiera le temps du plus long règne d’un souverain marocain (Ismaïl ben Chérif, près de 55 ans).

Le 12 octobre, 8 millions de Camerounais étaient attendus aux urnes pour départager Paul Biya de Issa Tchiroma Bakary à la présidence de la République pour les sept prochaines années. Deux semaines plus tard – délai habituel de décompte, nous confirme une analyste politique camerounaise qui a souhaité garder l’anonymat – les résultats sont tombés : Paul Biya est réélu avec un score de 53,66%, contre 35,19 % pour son opposant.

C’est néanmoins dans un climat de tension civile que le dépouillement s’est déroulé. Le challenger Tchiroma a appelé à des manifestations pacifiques dans tout le pays pour revendiquer la victoire. Dimanche 26 octobre, à Douala, la capitale économique du pays, quatre personnes ont été tuées dans des affrontements entre les forces de l’ordre et des citoyens.

Selon la communication officielle, des manifestants auraient tenté d’incendier des postes de police dans la capitale économique du pays. De leur côté, les manifestants ont ramassé des douilles de balles qu’ils ont exhibées à un journaliste de l’AFP, affirmant avoir été ciblés par la police. Car au Cameroun, manifestations et rassemblements ont été interdits par les autorités.

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