Deep Seeker : Analphabétisme algorithmique

Par Zakaria Choukrallah

Au début de ce siècle – eh oui, déjà –, parler d’IT à un patron de PME signifiait presque automatiquement dans son esprit l’achat de PC ou de serveurs. Certaines mauvaises langues diraient que cela n’a pas tant changé que cela… Les “devs” continuent d’inonder les réseaux de mèmes moquant les collègues qui leur demandent de réparer le wi-fi ou de formater un PC. Car dans l’imaginaire collectif, un “techie” sait forcément tout dépanner. Peu importe la différence entre un ingénieur réseau et un “webmaster”, pour reprendre un terme déjà suranné.

“À l’heure où l’IA accélère ce besoin d’adaptation, il devient urgent de changer ces perceptions”

Zakaria Choukrallah

Si ces malentendus prêtent à sourire, ils révèlent surtout le décalage technologique persistant et le retard accumulé dans la transformation digitale. À l’heure où l’IA accélère ce besoin d’adaptation, il devient urgent de changer ces perceptions. On ne peut plus croire qu’il suffit d’embaucher quelques “brahech” pour bricoler une page Facebook, de laisser en ligne des sites vitrines dysfonctionnels sans stratégie globale, ou de confondre encore achat de matériel et transformation digitale.

S’informer est désormais un devoir pour chacun. Il ne s’agit pas de transformer tout le monde en geek, mais simplement d’éviter l’erreur 404 dans nos cerveaux lorsque les nouveaux usages s’imposent à nous, à moins de vivre en Amish. Salariés, entrepreneurs, étudiants ou retraités… nos vies sont et seront, qu’on le veuille ou non, profondément remodelées par ces outils.

à lire aussi