Dans les salons, sur les marchés ou devant les guichets, les histoires se ressemblent. Un crédit pour financer un mariage, un autre pour acheter une voiture, puis un troisième pour boucler les fins de mois. Selon le dernier rapport de supervision bancaire de Bank Al-Maghrib, la part des ménages dont l’endettement dépasse le seuil critique de 40 % des revenus a franchi les 33 % en 2024, contre 27 % en 2019. En cinq ans, l’alerte est passée au rouge.
“Le recours au crédit n’est pas seulement une question de consommation, c’est devenu un amortisseur social”
Derrière ces chiffres, une réalité sociale : le crédit agit comme une respiration artificielle face à un pouvoir d’achat qui s’étiole. “Ce n’est pas seulement une question de consommation, c’est devenu un amortisseur social”, analyse l’économiste Mohamed Jadri. Cette fonction s’est consolidée au fil d’années marquées par la hausse des prix des produits alimentaires, l’envolée des loyers et la stagnation des salaires réels. Là où l’endettement servait autrefois à financer un investissement ou à améliorer le confort du foyer, il devient pour beaucoup un mécanisme de survie quotidienne.
