Dans le football, on dit qu’être défenseur est un poste noble. Faire le travail ingrat, aller au contact, et éviter des erreurs souvent fatales, ça, tout le monde sait faire… ou presque. Mais que diriez-vous d’un défenseur qui fait tout ça, et qui contribue à pas moins de 30 buts par saison pour son équipe ? Vous lui fileriez le Ballon d’or. Si vous avez encore des doutes, permettez-moi de les dissiper à coup de chiffres, et de moments “clutch” cochant trois critères : la performance, l’impact et le fair-play.
En Ligue 1, son pain quotidien, Achraf Hakimi a disputé 25 matchs, marqué 4 buts et offert 8 passes décisives. Pas mal pour un latéral censé “défendre d’abord”. Les aigris pointeront un championnat “faible tactiquement”, le dernier du Top 5 européen.
Pas de souci, parlons Ligue des champions. Hakimi a été décisif à neuf reprises (4 buts et 5 passes). Avec notamment un but en quart, un autre en demi-finale face à Arsenal et, cerise sur le gâteau, un en finale : il a ouvert le score face à l’Inter. En grand seigneur, il ne fêtera pas ce but, par respect pour les Nerazzurri, chez qui il a passé une saison (2020-2021). D’une pierre deux coups, il coche ainsi les cases fair-play et performance.
Quant à son impact, il a contribué activement, dans tous les moments clés, à la saison historique du PSG, avec, au bout, un quadruplé : championnat, Coupe de France, Trophée des Champions, et surtout cette fameuse Ligue des champions qui fuyait le club depuis sa création. Il a été élu dans les équipes-types de la saison en Ligue 1 et en Ligue des champions, et a décroché le prix Marc-Vivien Foé du meilleur joueur africain du championnat français.
“Prophète en son pays, Hakimi y est aujourd’hui une icône. Son flocage est à tous les coins de rue”
Prophète en son pays, Hakimi y est aujourd’hui une icône. Son flocage est à tous les coins de rue. Toujours présent, il répond à tous les appels de l’équipe nationale, pour les grands comme les petits matchs. Armé de ses deux poumons (prouvez-nous le contraire), il joue non-stop depuis les Jeux olympiques de Paris, et la médaille de bronze historique des Lionceaux, dont il était capitaine. Qui d’autre peut revendiquer autant de constance et de génie à un poste aussi ingrat pour les classements individuels ?
Au PSG de Luis Enrique, le système tourne quasiment autour de lui. Il fait tourner les têtes des défenseurs, en prenant bien soin de cadenasser les attaquants face à lui en cas de repli. Ses performances en Coupe du monde des clubs (2 buts, 2 passes décisives en 6 matchs) sous le soleil américain, viennent confirmer sa saison stratosphérique. Il serait même, selon certains spécialistes, le meilleur joueur marocain de tous les temps.
“Alors oui, si le Ballon d’or pouvait choisir, il roulerait droit dans les bras de notre Hakimi national pour en faire l’autre Ballon d’or du peuple, après le sacre d’un certain Karim Benzema”
Alors oui, si le Ballon d’or pouvait choisir, il roulerait droit dans les bras de notre Hakimi national pour en faire l’autre Ballon d’or du peuple, après le sacre d’un certain Karim Benzema. Créateur d’espace pour ses coéquipiers, pourvoyeur d’émotions pour les supporters, le joueur de 26 ans garde pourtant la tête sur les épaules et continue de progresser.
On en est où des cases à cocher déjà ? Hakimi est un exemple : les Marocains se voient en lui lorsqu’il embrasse la tête de sa mère au bord du terrain, mais aussi lorsqu’il se dit “fier de là où il vient”, lui qui a grandi dans la banlieue de Madrid où ses parents ont fait leur maximum pour qu’il réussisse dans le football et gravisse les échelons du Real Madrid. Son club de cœur, qu’il a éliminé en demi-finale de Coupe du monde des clubs, en attendant la finale face à Chelsea ce dimanche 13 juillet (20h).
Il vous en faut encore ? Alors que sa saison est toujours en cours, son compteur affiche déjà plus de 66 000 kilomètres parcourus. Alors s’il vous plaît, “stop the count” et offrez aux Africains leur Ballon d’or.
