Chaque année, des milliers de jeunes Marocains franchissent la Méditerranée, portés par une ambition familière : décrocher un diplôme français. La maîtrise de la langue, la reconnaissance des diplômes, la qualité de l’enseignement et la forte présence d’une communauté marocaine sur place en font une destination de confiance. « Il n’y a presque pas une famille marocaine qui n’a pas un proche ou un ami passé par la France pour ses études », résume Oussama Hajjaji, directeur de l’agence Education Club.

Longtemps considérée comme la destination la moins onéreuse, la France a vu ses frais de scolarité augmenter depuis la réforme de 2019. Pour les étudiants extracommunautaires, les droits d’inscription s’élèvent désormais à 2 770 euros par an en licence et 3 770 euros en master dans les établissements publics. « Beaucoup d’universités ont refusé d’appliquer ces montants, estimant la mesure discriminatoire. Mais une partie d’entre elles les ont adoptés, notamment dans les grandes villes », précise Oussama Hajjaji.
Côté vie quotidienne, le budget reste maîtrisable comparé à d’autres destinations comme le Canada ou le Royaume-Uni, mais varie fortement selon la ville. Paris, Lyon ou Bordeaux affichent des loyers élevés, tandis que des villes comme Lille, Marseille ou Rennes sont plus abordables.
Campus France, le passage obligé
L’admission passe par la plateforme Campus France, avec des démarches à entamer dès la mi-octobre. Les candidats doivent sélectionner jusqu’à huit formations et soumettre un dossier académique, basé notamment sur les notes de première et de terminale. « L’évaluation se fait avant même les résultats du bac, mais certaines universités peuvent accorder une admission conditionnelle, sous réserve de l’obtention de la mention », explique Oussama Hajjaji.
Les filières les plus demandées exigent souvent un bon niveau, avec une moyenne de 14 ou plus, notamment dans les grandes villes universitaires. L’éventail des formations séduit : gestion, finance, marketing, ingénierie, informatique… Autant de secteurs prisés en France qu’au Maroc, et offrant de bonnes perspectives d’insertion professionnelle.
« Après l’obtention du diplôme, les étudiants peuvent bénéficier d’une année pour chercher un emploi en France. Les profils techniques, comme les ingénieurs et les informaticiens, sont très demandés », observe-t-il.
Mais avant cela, une étape déterminante attend les candidats : l’entretien avec un représentant Campus France, passage obligé où l’étudiant doit démontrer la cohérence de son projet académique et professionnel. « Il ne s’agit pas d’un projet d’immigration, mais d’un projet d’études. C’est ce que les autorités veulent entendre », insiste-t-il.
Par ailleurs, l’obtention du visa étudiant est conditionnée par la fourniture d’un justificatif de ressources, généralement un blocage de 88 000 dirhams (environ 8 000 euros) sur un compte bancaire. « Il faut aussi désigner un garant, idéalement un membre proche de la famille. C’est une preuve de stabilité financière », explique Hajjaji. Le taux d’acceptation reste relativement élevé, autour de 80 à 85 %, selon lui.
À savoir :
Budget moyen
90 000 à 150 000 MAD/an
(frais de scolarité + coût de la vie hors grandes villes)
Tests requis
– TCF ou DELF/DALF (selon le niveau et l’établissement)
– IELTS ou TOEFL pour les programmes anglophones
Visa étudiant
– Visa long séjour valant titre de séjour (VLS-TS)
– Blocage de 88 000 MAD exigé
– Lettre d’admission et garant obligatoires
