Ce 1er juin, dans les couloirs du ministère des Affaires étrangères à Rabat, les visages sont plutôt réjouis. On travaille certes un dimanche, mais l’atmosphère est à l’optimisme. C’est la consécration d’un travail de l’ombre mené depuis maintenant près de cinq ans dans les think tanks londoniens et les couloirs de Westminster qui touche à sa fin. Les derniers doutes s’évaporent devant les grands sourires affichés par le ministre des Affaires étrangères Nasser Bourita et son homologue britannique David Lammy, alors qu’ils se dirigent vers un point de presse commun.
Dans quelques minutes, la relation Rabat-Londres basculera. Le communiqué conjoint publié à l’issue de la rencontre entre les deux hommes changera le paradigme des relations entre les deux pays: “Le Royaume-Uni considère que le plan d’autonomie marocain soumis en 2007 est la solution la plus crédible, viable et pragmatique pour résoudre ce différend”. Une phrase qui sonne comme une révolution pour un pays qui s’est attaché pendant des décennies à rester neutre dans le dossier du Sahara, se contentant de soutenir le processus onusien.
Dès lors, il faut mesurer le chemin parcouru. Quelques années plus tôt, le Maroc n’était qu’un point perdu sur la carte pour les diplomates de His Majesty. Une zone grise africaine que l’on ne savait pas vraiment comment traiter du côté de Whitehall. Et la diplomatie marocaine en avait parfaitement conscience.
