Développement africain : les cinq leçons royales de Mohammed VI au Mo Ibrahim Governance Weekend

Ce dimanche s'ouvrait le Mo Ibrahim Governance Weekend. Le roi Mohammed VI a saisi l'occasion de cette réunion de personnalités influentes du continent pour faire passer un message sur sa vision pour le développement de l'Afrique.

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ce dimanche 1er juin 2025, lors de l’ouverture du Mo Ibrahim Governance Weekend, Mohammed VI a chargé son conseiller André Azoulay de transmettre aux personnalités africaines présentes au forum sa vision pour le développement de l’Afrique. Crédit: MAP

Ils sont rares, les messages royaux lors d’événements privés. Pourtant, ce dimanche 1er juin, lors de l’ouverture du Mo Ibrahim Governance Weekend, Mohammed VI a chargé son conseiller André Azoulay de transmettre aux personnalités africaines présentes au forum sa vision pour le développement de l’Afrique.

Soulignant le rôle qu’il souhaite voir le Maroc incarner, le roi a insisté sur la coopération Sud-Sud, dont Rabat vante les mérites depuis quelques années. À l’une des extrémités de l’Afrique, Mohammed VI voit néanmoins son Royaume comme un “pont naturel” entre les différentes régions du continent, notamment grâce à des projets tels que le gazoduc entre le Nigeria et le Maroc, ou l’Initiative Atlantique visant à favoriser l’accès des États du Sahel à l’océan Atlantique.

“Le développement ne se décrète pas, il se construit”, affirme-t-il. Mais comment ? Regardons cela de plus près.

1- Dans la crise, une opportunité

2025 : exit l’Aide publique au développement (APD). Entre les États-Unis (-38 %), la France (-18,6 %), l’Allemagne (-10,5 %) ou le Royaume-Uni (-6,5 %), les bailleurs historiques se retirent progressivement depuis une décennie, mais de manière spectaculaire depuis 2023. Et pourtant, le développement de l’Afrique nécessite un investissement tout aussi spectaculaire : 330 milliards de dollars par an pour réaliser l’ambitieux plan décennal 2024-2033 de l’Union africaine (UA), à en croire la Mo Ibrahim Foundation.

Il faudra donc faire sans les milliards de l’Occident. Cette situation, Mohammed VI la souligne, “réduit l’efficacité de l’action menée pour la réalisation des objectifs de développement durable à l’horizon 2030, et impacte, de ce fait, la concrétisation de notre vision d’une Afrique riche et prospère.” Et pourtant, le souverain souhaite que le continent se saisisse de cette révolution pour “prendre le contrôle complet de sa destinée”.

Concrètement, cela signifie que l’Afrique est confrontée au défi de la souveraineté, celle qui impose aux États et organisations de ne reposer que sur leurs propres forces et ressources pour assurer leur développement. La vision est partagée par la Mo Ibrahim Foundation, qui promeut un financement de l’Agenda 2063 (développé par l’UA, ndlr) par la mobilisation des ressources domestiques à hauteur d’au moins 75 %.

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