Le Maroc se distingue par une réglementation du médicament très encadrée : seuls les pharmaciens d’officine, les importateurs agréés, les laboratoires pharmaceutiques et les répartiteurs sont autorisés à stocker les produits pharmaceutiques. « En France, par exemple, les opérateurs logistiques peuvent obtenir le statut de stockeur et entreposer les produits pharmaceutiques. Cela permet d’optimiser les coûts logistiques et, à terme, de réduire les prix des médicaments. Bien entendu, ces stockeurs doivent respecter des normes strictes de sécurité et de qualité pour préserver l’intégrité du produit et protéger la santé du consommateur. Pour l’heure, notre intervention au Maroc se limite à la gestion des importations de produits pharmaceutiques », explique Younes Lamarti, directeur Pays d’AGL, l’opérateur logistique multimodal de référence en Afrique.
Une expertise internationale
AGL Maroc intervient principalement sur le segment international de la chaîne de valeur logistique, notamment pour l’importation d’intrants destinés à la fabrication locale de médicaments ainsi que de produits finis parapharmaceutiques. « Les produits pharmaceutiques finis nécessitent des conditions de température contrôlée, entre +15°C/+25°C ou +2°C/+8°C. Nous disposons d’un magasin sous douane, également à température dirigée, spécialement dédié à ces produits », souligne Younes Lamarti. Concernant les produits parapharmaceutiques, des installations similaires sont également mises en place. « Nous assurons même le dernier kilomètre, toujours sous température dirigée », précise-t-il.
Un secteur dynamique
La crise sanitaire a-t-elle modifié la donne ? « Le Maroc avait déjà amorcé une véritable politique sanitaire avant même la pandémie de Covid-19. Aujourd’hui, le pays compte plusieurs champions nationaux, notamment dans le domaine du médicament générique, qui commencent à se faire connaître pour la qualité de leurs produits », répond Younes Lamarti. Et d’ajouter : « Ce qui a véritablement changé, c’est le dynamisme du marché, notamment avec la généralisation de la couverture médicale. Cela se traduit par l’accès aux médicaments, et donc par une hausse des importations, aussi bien en produits finis qu’en intrants. » Il reste toutefois des marges d’amélioration : « Si nous parvenons à améliorer ce maillon de la chaîne, nous pourrions optimiser les coûts logistiques. Ce qui, in fine, aurait un effet bénéfique sur les prix pour le consommateur final », conclut Younes Lamarti.
Le niet des pharmaciens
De son côté, Mohamed Lahbabi, président de la Confédération des syndicats des pharmaciens explique : « Le prix du médicament ne dépend pas du coût de stockage. Et le médicament n’est pas n’importe quel autre produit. C’est pour cette raison que la Loi 17-04 (portant code du médicament et de la pharmacie, ndlr) a conféré aux seuls laboratoires pharmaceutiques, qu’ils soient importateurs ou producteurs, aux distributeurs pharmaceutiques et aux officines, le stockage. Même nous, pharmaciens, n’avons pas le droit de stocker des médicaments en dehors des pharmacies d’officine. La Loi dit aussi que là où il y a le médicament, il doit y avoir un pharmacien, parce que justement, il y certaines normes à suivre pour sauvegarder sa stabilité ».
