Un répit bienvenu, mais loin de suffire. Selon le ministre de l’Équipement et de l’Eau, Nizar Baraka, les apports pluviométriques des dernières semaines ont permis de reconstituer l’équivalent d’une année et demie de besoins en eau potable.
Avec plus de 80 % de l’eau douce destinée à l’agriculture, la sobriété hydrique du secteur n’est plus un choix, mais une obligation
Tous les bassins hydrauliques du Royaume ont été alimentés, entraînant une hausse de 45 % du volume d’eau retenu dans les barrages par rapport à la même période en 2024.
Mais derrière cette embellie, le constat reste alarmant. Le Maroc demeure en situation de stress hydrique modéré, avec un déficit estimé à 58 % par rapport aux niveaux normaux. Une pénurie désormais structurelle, nourrie par le changement climatique, l’épuisement des nappes phréatiques et une pression croissante sur les usages agricoles, industriels et domestiques.

Avec plus de 80 % de l’eau douce destinée à l’agriculture, la sobriété hydrique du secteur n’est plus un choix, mais une obligation. Le SIAM 2025 met en avant les pistes de transition vers une agriculture plus efficiente et résiliente.
Repenser les usages agricoles de l’eau
L’irrigation de précision s’impose comme une solution phare. Basée sur des capteurs, la télédétection ou encore l’intelligence artificielle, elle permet d’ajuster les apports en eau aux besoins réels des cultures. Plusieurs exposants — marocains comme internationaux — présentent ces technologies innovantes, conçues pour limiter le gaspillage tout en augmentant la productivité.
Le Programme national d’économie d’eau en irrigation (PNEEI), engagé depuis plusieurs années, continue d’être déployé. Il cible la généralisation de l’irrigation localisée, notamment dans les zones les plus vulnérables à la sécheresse. Mais au-delà des équipements, c’est toute une logique agricole qui s’infléchit : choix de cultures moins gourmandes, optimisation des rendements à l’hectare, réorganisation des filières selon la disponibilité hydrique.
La valorisation des eaux non conventionnelles, notamment par le dessalement de l’eau de mer ou la réutilisation des eaux usées traitées, figure également parmi les leviers explorés. Certaines exploitations pionnières, notamment dans les zones périurbaines, utilisent déjà ces ressources pour l’arrosage ou le maraîchage.
Le défi de l’eau ne peut cependant être relevé sans une coordination étroite entre acteurs publics, privés et partenaires internationaux. Le SIAM 2025 sert aussi de plateforme pour activer ces synergies.
Plusieurs conventions sont attendues, notamment dans les domaines du financement de projets hydriques, du transfert technologique et du développement de filières agricoles résilientes au climat. Le Maroc cherche à présent à bâtir un nouveau modèle agricole, sobre et résilient, capable de répondre à l’urgence hydrique sans compromettre la sécurité alimentaire.
