Impossible d’évoquer la migration marocaine vers l’Amérique sans évoquer celui qui tient plus de l’explorateur que du migrant précurseur : Estevanico, alias Mustapha al-Zemmouri. Né vers 1500 à Azemmour, alors occupée par les Portugais, il est vendu en tant qu’esclave vers 1520, et atterrit finalement en Espagne.

C’est dans ce contexte qu’il se retrouve embarqué, en 1527, dans l’expédition Narvaez, visant à coloniser la Floride espagnole. Celle-ci est décimée par les cyclones et les attaques des indigènes. Seul Estevanico s’en sort indemne. Mais il ne s’arrête pas là. Il parcourt une partie du sud des futurs États-Unis, la Floride, le Nouveau-Mexique et l’Arizona, avant de périr assassiné par la tribu amérindienne des Zuñis, en 1540.
De Mazagan la marocaine à Mazagão la brésilienne
Au-delà de ce parcours hors du commun, un autre précédent unique dans la migration marocaine outre-Atlantique a lieu au 18e siècle. En 1769, les troupes de Moulay Mohammed ben Abdallah contraignent les Portugais à abandonner Mazagan, leur dernière place forte sur le littoral atlantique marocain. Hommes, femmes, enfants et biens désertent la ville.
