Migration : l’American dream des Marocains, une histoire récente

Si les foules européennes sont attirées par le “rêve américain” depuis la (re)découverte, à la fin du XVe siècle, du Nouveau Monde par Christophe Colomb, les émigrés marocains ne mettent le cap sur les terres américaines que bien tardivement. Pourtant, les Saadiens connaissaient l’Amérique et la convoitaient même déjà…

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Luke Stackpoole / Unsplash

Impossible d’évoquer la migration marocaine vers l’Amérique sans évoquer celui qui tient plus de l’explorateur que du migrant précurseur : Estevanico, alias Mustapha al-Zemmouri. Né vers 1500 à Azemmour, alors occupée par les Portugais, il est vendu en tant qu’esclave vers 1520, et atterrit finalement en Espagne.

Estevanico, alias Mustapha al-Zemmouri (vers 1500-1540), était un un explorateur marocain parti pour les Amériques.Crédit: Vincent King / YouTube

C’est dans ce contexte qu’il se retrouve embarqué, en 1527, dans l’expédition Narvaez, visant à coloniser la Floride espagnole. Celle-ci est décimée par les cyclones et les attaques des indigènes. Seul Estevanico s’en sort indemne. Mais il ne s’arrête pas là. Il parcourt une partie du sud des futurs États-Unis, la Floride, le Nouveau-Mexique et l’Arizona, avant de périr assassiné par la tribu amérindienne des Zuñis, en 1540.

De Mazagan la marocaine à Mazagão la brésilienne

Au-delà de ce parcours hors du commun, un autre précédent unique dans la migration marocaine outre-Atlantique a lieu au 18e siècle. En 1769, les troupes de Moulay Mohammed ben Abdallah contraignent les Portugais à abandonner Mazagan, leur dernière place forte sur le littoral atlantique marocain. Hommes, femmes, enfants et biens désertent la ville.

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