“Les Commandements” de Sanaa Akroud, le “Harem” de Lalla Essaydi, la nuit du conte francophone... les sorties de la semaine

Dans “Les Commandements” Sanaa Akroud porte une triple casquette : scénariste, réalisatrice et actrice principale Crédit: DR

Justice pour toutes

Cinéma. Très connue pour ses apparitions sur les petit et grand écrans marocain, l’actrice Sanaa Akroud passe à la réalisation et signe Les Commandements (Lwassaya), un premier film profondément engagé.

Ce long-métrage s’inscrit délibérément dans le débat public actuel autour de la réforme du Code de la famille, abordant frontalement les questions de la garde d’enfants, de la tutelle et du mariage des mineures. L’intrigue suit Daouia, femme ordinaire plongée dans une bataille judiciaire éprouvante pour conserver la garde de sa fille, tout en défendant les droits des femmes de sa coopérative.

La réalisatrice structure son récit autour de dix « testaments » symboliques. Avec une triple casquette –scénariste, réalisatrice et actrice principale –, Sanaa Akroud livre un film dans lequel un drame personnel se fait le miroir d’enjeux collectifs et plus que jamais d’actualité.

Actuellement en salles.

Regards curieux

Exposition. Les visiteurs du Musée des confluences de Marrakech ont encore jusqu’au 23 mars seulement pour découvrir les œuvres de Lalla Essaydi, photographe et artiste pluridisciplinaire dont le parcours s’est notamment construit outre-Atlantique.

Lalla Essaydi explore les frontières du harem en tant qu’espace réservé aux femmes, et interroge le regard que pose le spectateur sur leur corps

La collection “Harem”, qui avait été produite par l’artiste au Palais El Bacha en 2009, a donc fait son retour en octobre dernier à l’endroit où elle a vu le jour, l’espace ayant été transformé en musée par la Fondation nationale des musées.

L’exposition explore les frontières du harem en tant qu’espace réservé aux femmes, et interroge le regard que pose le spectateur sur leur corps. Lalla Essaydi explore aussi l’importance des motifs décoratifs dans l’art islamique en photographiant des femmes dont les caftans ornementés se confondent harmonieusement avec l’architecture du palais.

Jusqu’au 23 mars au Musée des confluences de Marrakech.

Paroles vagabondes

Spectacle. “La Nuit du conte” réunit cinq conteurs venus des quatre coins de la francophonie pour une soirée où l’art ancestral de la narration reprend tous ses droits. Entre récits traditionnels, histoires contemporaines et improvisations narratives, l’événement propose une immersion dans des univers imaginaires aussi divers que captivants, dans le cadre de la Semaine de la francophonie.

“La Nuit du conte” réunit cinq conteurs venus des quatre coins de la francophonie.

Fruit d’une collaboration entre plusieurs institutions francophones, cette rencontre offre au public l’occasion de redécouvrir la puissance évocatrice du conte dans une ambiance empreinte de convivialité.

Le 13 mars à la Coupole du parc de la Ligue arabe, Casablanca. Le 14 mars au cinéma Renaissance à Rabat. Le 15 mars à l’Institut français de Marrakech.

Et aussi

Déconstruire les stéréotypes

Rencontre. À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, la Médiathèque de l’Institut français de Rabat organise une rencontre autour de l’ouvrage Violences faites aux femmes dans le monde arabo-musulman (2023). Dirigé par Kanza Kassimi, cet essai collectif analyse les stéréotypes, tout en questionnant les stratégies de lutte contre les violences faites aux femmes.

Le 8 mars à la Médiathèque de l’Institut français de Rabat.

Cage dorée

Théâtre. La troupe Tensift présente Sarah Massjounak, avec Nora Skali, Mohammed El Ouaradi, Meryem Zaimi, Abdellah Didane et Adil Abatorab. Mise en scène par Hassan Hammouche, la pièce narre les tribulations d’El Ghalia, jeune femme élevée sous le toit de Abderraouf, qui la convoite comme quatrième épouse alors qu’elle n’aime que le jeune Suleiman. Avec une subtile combinaison d’humour et de critique sociale, la pièce enchaîne les rebondissements.

Le 17 mars au Théâtre Mohammed V à Rabat.