Coupe du monde 2022 : 36 ans d'attente...

Par Réda Allali

Zakaria Boualem a attendu trente-six ans. Oui, la moitié d’une vie d’attente et de souffrance avant de connaître à nouveau la secousse tellurique qui a percuté notre paisible contrée jeudi soir. En 1986, il n’était encore qu’un enfant, à Guercif, et il avait parcouru la ville en braillant de toutes ses forces sa joie, avec toute sa tribu, réunie pour la première fois depuis l’époque mérinide. Complètement déconnecté du reste du monde, il ignorait tout des codes des festivités : il ne disposait ni d’un maillot de l’équipe nationale, ni d’un drapeau, mais il dansait dans la rue comme s’il avait gagné la Coupe du Monde. Il faut se pencher sur ce sentiment étrange, tribal, qui fait que nous nous sentons tous concernés par une performance de l’équipe nationale. Cette décharge électrique collective résiste à toute tentative de distanciation, car elle répond à un besoin fondamental, celui de se sentir, enfin, ensemble. C’était un soir de ramadan et ce souvenir ne l’a jamais quitté. Battre le Portugal, en 1986, et dominer un groupe issu d’un tirage au sort diabolique dans…

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