RSU : l’État social 2.0

Par Réda Dalil

Le nouvel état social version Mohammed VI semble paré au décollage. Déjà, les adhésions à l’AMO pour les non-salariés battent des records de vitesse. Ce qui vient en 2023 est tout aussi audacieux. L’entrée en vigueur des aides directes aux populations pauvres et vulnérables nécessitera un effort budgétaire conséquent, mais là n’est pas le souci. Sans l’opérationnalisation d’un système de scoring efficace, permettant aux ménages d’aspirer au soutien de l’État, l’ambition sociale du royaume demeurera un vœu pieux. Evoqué en 2015 au moment de la décompensation des prix des hydrocarbures, le Registre social unifié (RSU), dispositif d’identification des familles pauvres ou vulnérables, a mis du temps à prendre consistance. C’est la parenthèse Covid-19 qui lui a donné un élan décisif. L’État avait alors trouvé le moyen technique de servir des aides pécuniaires à des personnes enfouies dans l’informel le plus total. Un verrou symbolique avait sauté. L’État en a tiré deux enseignements essentiels. Un, sur le plan de la technique, le dispositif est certes complexe, mais n’est guère irréalisable. On s’est rendu compte qu’il était possible de soutenir financièrement une…

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