AMO et système de santé public : le gouvernement dos au mur

Par Réda Dalil

En dépit des avancées réalisées ces deux dernières décennies, le Maroc n’en était pas moins renvoyé à son éternel talon d’Achille : un système de santé publique délétère, archaïque, vicié par la corruption. Avec, pour résultat, un citoyen sous-médicalisé, dont le bien-être physique est fonction de l’épaisseur de sa bourse. Ce “paie ou crève” laissera donc place à une politique du “care”. Dans un peu moins de trois mois, en effet, toute la population marocaine devrait être couverte par une assurance santé universelle. En permettant, à travers l’AMO, à 22 millions de marocains additionnels de se soigner, l’État rattrape les erreurs du passé, en se recentrant sur le capital humain. Tout être doté d’objectivité ne peut qu’applaudir, et avec ferveur, ce formidable changement de paradigme. Mais, comme pour toute chose, le bord argenté du nuage dissimule un flanc obscur. Notre crainte est que l’enthousiasme soulevé par la décision d’assurer tous les Marocains ait indirectement masqué une réalité moins radieuse, mais tellement vraie : le système hospitalier actuel est toujours dans un état déplorable. Si l’on peut décréter l’adhésion de tous à…

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